Sept mois après le terrible conflit qui a vu la défaite du Lord Noir, le monde magique est en effervescence...
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 Seconde journée de procès [EVENEMENT !]

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Aleister Ephemera
~Maître de Magie~


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Emploi: Maître de Magie
Président sorcier du Magenmagot
Vice-Président du CEMP
Auror à la retraite et diplômé en médicomagie...
Maison: Gryffondor
Age: 125 ans
Relations: Ebene Graymes, ma petite fille chérie
Severus Rogue, mon apprenti préféré...
Présentation: Fiche

Parchemin d'Expérience
Expérience magique:
6285/100000  (6285/100000)
Compétences particulières: Médicomage et guérisseur réputé, auror d’élite à la retraite, maître des potions, passionné par les arcanes des magies sombre et ancienne...

MessageSujet: Seconde journée de procès [EVENEMENT !]   Jeu 10 Déc - 23:54

Funeste jour que celui de la seconde partie de l'interrogatoire des témoins ayant de près ou de plus loin approché la personne de Severus Rogue. La veille au soir, peu après avoir témoigné en faveur de l'accusé, l'auror Lily Parker née Jackson avait trouvé la mort en la personne d'un autre mangemort, arrêté lui aussi. Matthew Selwyn, un ancien guérisseur, le guérisseur diabolique, comme on se plaisait à le nommer. Un guérisseur en posture plus ou moins incurable pour l'instant, si l'on pouvait parler ainsi. Il avait été arrêté avec une certaine violence par Erik Lancaster, Commandor des Aurors en personne, qui n'avait pas hésité à le blesser pour pouvoir le ramener au Ministère et le faire mettre en cellule. Le même jour avait vu l'arrestation de la jeune Stellaluna de Laroche, l'une des mangemortes réputées parmi les moins dangereuses (et de fait, elle n'avait pas lancé le moindre sort dangereux, rien de bien spécial excepté quelques maléfices... mais qui n'en lance jamais, dans une vie ?) qui était très curieusement en compagnie de Selwyn au moment de son arrestation. Le mangemort avait réussi à s'enfuir au prix du "sacrifice" de sa compagne, et voilà comment le sort de l'auror Jackson avait été expédié en deux mots.

Néanmoins, le maître de magie ne pouvait se retenir de penser qu'avec elle finissait d'exister une partie de la vérité. Il n'ignorait pas que Jackson avait eu des liens assez profonds avec Voldemort, des liens trop profonds pour être communs chez les mangemorts, et il suspectait autre chose de plus profond encore entre eux. Mais tel n'était pas son principal sujet de préoccupation. Lily Jackson avait trahi les mangemorts en épousant Jesse Parker, puis en terminant avec succès ses études d'auror, puis finalement en combattant aux côtés de l'Ordre du Phénix. Un peu comme l'avait fait Severus, mais d'une manière beaucoup moins risquée, puisqu'elle n'allait pas non plus mentir en pleine poire au sorcier le plus dangereux (peut-être pas le plus puissant, certes, mais de loin le plus dangereux) que l'humanité ait connu au vingtième siècle, et peut-être de tous les temps. Néanmoins, il fallait désormais honorer sa mémoire. Le magenmagot avait débattu pendant une partie de la nuit de l'utilité ou non de reporter le procès de quelques jours encore, d'appliquer un délai de décence en l'honneur de la mémoire de Lily Jackson, mais cette option, très controversée, avait finalement été rejetée, et le Président Sorcier du Magenmagot, Juge par la même occasion en ce moment présent, se contenterait de prononcer un discours à l'éloge de la défunte avant l'ouverture de cette seconde journée de témoignages en tous genres. Les mangemorts avaient été ramenés dans leurs cellules d'Azkaban ou du Ministère, et on allait maintenant écouter les témoignages de civils, dont celui du très fameux Harry Potter. Ce serait la dernière journée de témoignages, après cela, il n'y aurait plus qu'à écouter le plaidoyer de la défense et à débattre de sa culpabilité avant de prononcer la sentence finale.

Le Magenmagot portait la tenue de deuil, de même que les témoins et une partie des assistants ; et l'on avait renoncé à une bonne partie du cérémonial ordinaire : adieu les tenues étranges et sorcières, bonjour les robes noires. Le Président Sorcier aurait bien pensé avec un léger sourire qu'Ebene ou Lauren auraient dit sans hésiter que tout le monde se mettait à ressembler à Rogue, et que ça craignait énormément ; mais il n'avait pas vraiment le coeur à le faire, et l'on comprend pourquoi ! Rogue était l'accusé, après tout, et aller dire que tout le monde ressemblait à l'accusé relevait d'une énorme prise de risque. Et Ephemera n'était pas la prudence incarnée pour rien, après tout... Il avait préparé pendant une heure ou deux, la veille, les bases d'une oraison funèbre qu'il prononcerait devant tout le public, avant le début du procès. Une oraison... Une petite éloge funèbre méritée, bien qu'il eut pour sa part préféré reporter la seconde journée du procès. Par décence. Mais l'on ne changeait pas ainsi les décisions ! Le Président Sorcier entra dans la salle, constata avec dépit que certains sorciers ne respectaient pas le deuil de Lily Jackson, alla s'installer après avoir salué d'un signe de chapeau les membres du Magenmagot déjà en place. Il fit ensuite entrer l'accusé, et la procuromage Chapell, dont les vêtements noirs et stricts, parfaitement assortis à ceux de celui qu'elle était censée envoyer à Azkaban (excepté que Melle Chapell portait du velours et une robe cintrée, alors que Rogue se contentait d'une robe en coton noir et en moins bon état), mettaient encore plus en valeur la chevelure d'un roux flamboyant. Il s'assit un instant, le temps que le silence se fasse dans la salle, avant de prononcer l'éloge qu'il avait préparée pour Lily Jackson.


Mesdames,
Mesdemoiselles,
Messieurs,

C'est avec une grande émotion que je m'adresse à vous, osant de même reporter quelque peu le début de ce procès. En effet, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, chers sorciers, de tragiques événements ont eu lieu hier, ne rappelant que trop bien que la lutte contre les Forces du Mal est l'affaire de tous les instants et ne s'est pas achevée avec la guerre que nous n'avons que trop sinistrement connue. Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, hier soir, le mangemort Matthew Selwyn a été arrêté, mais son arrestation a coûté cher au monde sorcier : l'auror Lily Parker née Jackson y a laissé la vie.

Sa mort au champ d'honneur nous rappellera à tous l'importance revêtue non seulement par le corps des Aurors, prêt en tous temps à sacrifier son existence au service de la sécurité et de la liberté ; il nous rappellera en outre l'importance de vivre en harmonie, car si chacun pouvait se montrer respectueux et civique à l'égard de tous, alors nous n'aurions plus de décès aussi violents pour des causes aussi vitales. Le combat des forces du Bien, si je puis me permettre de les nommer ainsi, contre les forces du Mal, est un combat de tous les instants que tous doivent intensément mener. C'est pourquoi, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, je vous exhorte à ne jamais céder aux caprices d'un quelconque mage noir avide de pouvoir et de ténèbres ; c'est pourquoi je vous supplie de ne pas vous associer à la reflambée d'un mal dont nous avons tous et toutes été victimes, mangemorts commes sorciers neutres, du civil ou de l'Ordre du Phénix. C'est en veillant à conserver nos idéaux de paix et de civilité que notre communauté sorcière pourra survivre et s'épanouir, et non en voulant à tout prix éradiquer tous ceux n'appartenant pas aux critères que l'on souhaiterait voir apparaître chez tous les sorciers.

Mais, au-delà d'une réflexion philosophique sur la vie et les idéaux, c'est un message de soutien que j'aimerais adresser à tous les proches de Mme Lily Parker, et en particulier à son époux, trop effondré pour se présenter aujourd'hui à ce procès, mes plus sincères condoléances. Je n'eus pas le loisir de la connaître intimement, certes, mais ses qualités et son extrême probité ont toujours fait d'elle une personne très estimée de ses proches et de ses connaissances. Je ne peux que louer son extrême fidélité au Bien ainsi qu'admirer la volonté dont elle a fait preuve, toute sa vie durant, afin de résister aux conséquences fâcheuses de sa traîtrise. De tous temps, elle a été soupçonnée par les deux camps ; et aujourd'hui, nous sommes en mesure de dire avec bien du retard et des regrets qu'elle a toujours été fidèle à ses idéaux et à ses convictions, qui sont aussi les nôtres. Sa mort édifiante de la baguette de Matthew Selwyn n'en apporte qu'une preuve trop flagrante.

Mme Lily Parker née Jackson, reposez en paix au Royaume de Merlin, assurée de l'estime et de la reconnaissance dont chacun ici vous témoigne ; et sachez que votre sacrifice ne sera pas vain.

Requiescat in pace.


Le Président Sorcier laissa passer deux minutes de silence lourd et profond avant de changer de sujet. Son regard émeraude si profond jaugea l'assistance, restée silencieuse par respect. Il osait espérer que son petit discours avait eu quelque effet, mais ne se faisait pas trop d'illusions : peut-être un gazetier de la Gazette du Sorcier le citerait-il dans la prochaine édition, en encourageant le monde sorcier à suivre les conseils d'un maître de magie aussi expérimenté et sage que lui, mais au-delà... Non, autant ne pas trop se faire d'illusions. Il y aurait toujours un mage noir qui parviendrait à prendre avec lui les âmes des plus crédules, lasquels convaincraient par la suite d'autres personnes, et l'effet boule de neige recommencerait. Jamais il n'y aurait de monde parfait, ni même de monde plus pacifique, ce n'était pas dans la nature humaine. Mais il était maintenant temps pour Ephemera et pour tous les autres assistants à ce procès de passer aux choses sérieuses. Il se racla légèrement la gorge, regarda encore une fois les assistants, et prit une grande inspiration. Que la séance recommence, et qu'on en finisse avec ce maudit procès !

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Sorcières et Mages, la séance est ouverte !
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Fran Chapell
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MessageSujet: Re: Seconde journée de procès [EVENEMENT !]   Lun 21 Déc - 1:00

La procuromage avait fait son entrée juste avant le Président Sorcier. Comme le voulait l'usage, elle était revêtue d'une robe noire, stricte et recouvrant la quasi totalité de son corps. Une robe à la mode victorienne, tombant au sol et remontant jusqu'en haut de son cou, ne laissant échapper à la vue des autres que son visage, son opulente chevelure et ses mains. Néanmoins, au vu des circonstances, elle s'était un peu... assombrie, comme qui dirait. Contrairement à ce à quoi pouvait bien s'attendre Ephemera, elle avait teint ses cheveux en noir d'un simple coup de baguette, ne voulant pas outrager le deuil de Mme Lily Parker, née Jackson, par le feu intense de ses cheveux. Ainsi, la nouvelle mode qu'elle affichait tout spécialement pour ce jour là, sans que ce soit trop désiré, la mettait en valeur d'une manière bien différente de l'ordinaire. La robe stricte moulait un peu trop amplement ses formes, peut-être, et la procuromage voyait subitement son teint mis en valeur d'une manière imprévue par la couleur noire de ses cheveux.

Ainsi, elle se mettrait presque à ressembler à Ebene Graymes, celle qui figurait en tête de liste sur le registre des témoins. Excepté leurs deux manières très différentes de se vêtir, ainsi que leurs physionomies fort opposées en tous points, on pouvait dire que les deux femmes se ressemblaient davantage qu'à l'habitude. Mary-Léopoldine, ou Fran de son surnom, avait en effet le même teint clair que la fille du mangemort, et présentement les mêmes cheveux couleur ébène. Au reste, la procuromage, guindée dans sa robe stricte boutonnée du haut en bas (un peu à la même manière que les robes de sorcier de l'accusé, à bien y réfléchir... voilà bien la première fois qu'elle se mettait à songer à sa ressemblance avec celui qu'elle était censée envoyer en prison !), voyait ses formes mises en valeur d'une manière un peu plus originale qu'à l'ordinaire, et son teint étrangement embelli par la couleur noire qui l'environnait entièrement. Elle s'était très légèrement maquillée, en outre, et avait choisi de porter un pentacle de merlin autour du cou. Un simple bijou d'argent sans grande valeur, élégant et très simple, qui contrastait fortement sur sa robe. Au reste, elle ne portait rien de bien particulier, rien d'extravagant, et ressemblait bien à sa réputation de femme frigide. Un peu plus, même, qu'à l'ordinaire.

Si seulement... Si seulement elle savait que dans la salle, quelqu'un la dévorait des yeux depuis la veille, et que ce quelqu'un en question était exactement l'homme qu'elle devait envoyer à Azkaban, ou du moins... punir au maximum, tout comme elle devait s'efforcer d'empirer la sentence qui lui serait infligée par diverses manipulations relevant uniquement de son métier. La réflexion qu'elle se faisait depuis longtemps concernant ce qu'elle pensait de Severus Rogue s'amplifiait de plus en plus ces derniers temps, et le doute s'installait en elle au fur et à mesure du temps. Mauvais présage. Etait-elle en train de se parjurer, en quelque sorte ? Il ne fallait pas qu'elle faiblisse, ce n'était qu'un procès, similaire à tous ceux auxquels elle avait assisté sa vie durant, auxquels elle avait accusé toute sa carrière durant, et il n'était pas question qu'elle freine son ascension vers la gloire et la reconnaissance à cause de sentiments imprécis et de doutes intérieurs ! Ce n'était pas le moment de flancher, là, pas quand la seconde journée du procès allait s'ouvrir ! D'ailleurs, en parlant de s'ouvrir... Aleister Ephemera, le Président Sorcier, venait d'entrer en grande pompe, lui aussi entièrement revêtu de noir, dans la Salle des Audiences. Immédiatement, la procuromage se raidit, rejoignit sa place, se leva pour saluer le Président Sorcier, puis se rassit et l'écouta parler.

Il fallait bien reconnaître qu'Aleister Ephemera faisait preuve d'une certaine éloquence, raffinée sans être exceptionnelle. L'éloquence dont faisait preuve Dumbledore était certes bien supérieure à celle de ce nouveau président sorcier, mais le but recherché était-il la qualité oratoire ? Non. Ephemera n'avait vraisemblablement eu la corde des discours et de l'éloquence à son arc, et c'était biene compréhensible quand on savait qu'il avait passé une grande partie de son existence à traquer des mages noirs et des créatures magiques dangereuses de tous acabits, puis qu'il avait abandonné la carrière d'auror pour se consacrer à sa carrière de médicomage et de guérisseur en plus de celle de maître des potions et de maître de magie. Il avait toujours eu le goût du travail (une détente de l'esprit, selon lui, que de se concentrer... chacun sa position à ce sujet !), et ne cessait de devoir changer de sujet : il ne pouvait rester longuement concentré sur une seule matière, il lui fallait de quoi s'évader quelque peu d'un sujet en se concentrant sur un autre. Et jusqu'à présent, il s'en était toujours plus qu'honorablement sorti, à voir le point auquel il était parvenu en quelques décénnies de temps seulement... Inutile donc de se demander pourquoi ce maître de magie quelque peu détaché du monde depuis si longtemps gardait de côté la fibre de l'éloquence s'atrophier ! Il n'en avait tout simplement aucun usage.

Néanmoins, s'il ne fut guère magnifique sur le point littéraire, il fut très apprécié et amplement applaudi par l'ensemble du public. Un bon point, autrement dit, pour tous et toutes, en espérant du moins qu'ils aient compris qu'il ne fallait pas verser dans la magie noire, ni même se montrer trop crédule à l'égard des diseurs de balivernes, des populistes et des gens aux idées parfaitement étriquées. Certes, cela la priverait purement et simplement de son travail (quoique, des méchants, il y en aurait toujours, il ne fallait pas en douter) ; mais elle préférait cela à avoir à lutter dans un monde en guerre comme celui dont ils se relevaient à peine. La guerre lui déplaisait toujours aussi horriblement. Fran se leva finalement, une fois que l'on annonça la séance ouverte. Et elle fit entrer le premier témoin. En jetant un oeil sur la feuille, elle constata qu'il s'agissait justement de Mademoiselle Ebene Graymes, professeur de défense contre les forces du mal à Poudlard. Tiens, quelle coïncidence ! Et elle la fit venir à la barre.


- J'appelle mademoiselle Ebene Elisabeth Graymes à la barre.
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Severus Rogue
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MessageSujet: Re: Seconde journée de procès [EVENEMENT !]   Mer 23 Déc - 0:47

Deuxième journée. Une deuxième journée qui avait bien failli être tout bonnement ajournée, sans même lui demander son avis. Non pas qu'il tenait tant à ce procès, mais puisqu'il ne pouvait y réchapper, autant que cette mascarade à deux noises se termine au plus vite, quand bien même il pensait en connaître déjà l'issue. D'autant plus qu'il en connaissait déjà quasiment l'issue, devrait-il dire plutôt ! Car oui, comment tout ceci pouvait donc se finir autrement que par la case Azkaban. Une case de laquelle il ne sortirait certainement plus cette fois-ci. Un aller simple en prison. Un aller simple en enfer pour lui. C'est sur ces pensées fort pessimistes, pour changer, que Severus fit son entrée, toujours escorté de plusieurs aurors, dans la salle d'audience du Ministère de la Justice.

Justice ?

Simulacre de justice avait-il plutôt tendance à dire. Qu'il détestait ce mot. Et qu'il détestait tout ce qui tournait autour. Tous ces bien-pensants qui venaient d'entrer à l'instant, tandis qu'on lui enlevait ses menottes et qu'on lui intimait, plus ou moins fermement, de se relever pour accueillir la si digne cohorte. Tous ces bien-pensants qui allaient en cet instant s'asseoir dans la tribune réservée au magenmagot et qui allaient se permettre de le juger. Bien entendu, dans ce lot, il en estimait certains, comme Shackelbolt, ou encore Ephemera. Mais il ne pouvait empêcher une pointe de rancoeur de venir flétrir sa raison et son propre jugement. Juger, on allait le juger. Juger ses actes, juger ce qu'il avait pu faire, juger ce qu'il avait bien pu dire peut-être. Juger ce qu'il avait bien pu penser ? Si seulement ils avaient pu accéder à ses pensées... Le juger. Mais comment donc pouvaient-ils le juger alors qu'ils ne pouvaient pas le comprendre ? Comment pouvaient-ils le juger, eux qui étaient si différents, si loin de ce qu'il était lui ? Comment donc, qu'on le lui explique ? Il ne pouvait donc s'empêcher de sentir une flagrante injustice en pensant que c'était eux qui allaient le juger.

Eux qui n'étaient jamais tombés dans les profondes abysses desquelles il ne parvenait à remonter, chaque échelle qui se présentait à lui s'écroulant sous le poids de ses remords... Eux qui n'avaient jamais connu que la lumière, ou du moins qui n'avaient jamais connu les ténèbres et la sinistre obscurité, eux qui n'avaient jamais osé toucher cette sinistre magie qu'on disait noire et que pourtant il aimait tant... Eux qui n'avaient que rarement connu la solitude, la véritable solitude je veux dire, eux qui n'avaient jamais connu la peur, la terreur, la souffrance, pas seulement physique, mais surtout psychique, de perdre un être qui était tout pour vous... Eux qui n'avaient jamais connu ce qu'était la rancoeur amère de n'être pas vu comme vous étiez vraiment... Eux qui n'avaient jamais connu la déception glacée que la vie lui avait offert, eux qui n'avait jamais connu la mort comme lui l'avait connu, eux qui n'avaient jamais connu le remord sincère, et la culpabilité paralysante et enivrante qui l'enveloppait à chaque instant, à chaque minute, chaque seconde... Eux qui n'avaient jamais connu le temps qui s'arrête devant les crimes qu'il avait pu commettre, eux qui n'avaient jamais vu leurs mains souillées du sang qu'il avait fait couler et les larmes sèches qui lui avaient si souvent échappé face à un ours en peluche imbibé du sang de sa petite maîtresse, eux qui n'avaient jamais vu leur âme scindée, déchirée, en lambeaux, face à chaque vie qu'il avait prise... Eux qui n'avaient jamais vu leur raison vacillée face à la douleur cuisante d'un doloris, eux qui n'avait vu leur esprit se faire vriller par la puissante legilimencie de celui qui se nommait Voldemort, eux qui n'avaient jamais eu à subir les affres de la folie et de l'irraison auxquelles un espion se retrouvait un jour confronté, eux qui avaient toujours su quel chemin emprunté, quel sentier suivre sans l'ombre d'un doute, sans l'ombre d'une hésitation, alors que lui s'était si souvent arrêté à la fourche d'un chemin, au carrefour d'une route, tâtonnant sans cesse... Eux qui n'avaient jamais connu ce qu'était l'horrible cadeau que de donner la mort au seul être qui vous faisait confiance mais qui vous avait pourtant supplié de le faire au nom de cette confiance... Eux qui, enfin, n'avaient jamais connu ce qu'était cde ne pas se connaître, de ne plus savoir ce qu'on était, ce pour quoi on vivait, survivait... Eux qui n'avaient jamais été qu'une ombre parmi les ombres...

Non, eux n'avaient jamais connu tout cela. Alors comment pouvaient-ils le juger ? Alors non, qu'on ne lui parle pas de justice. Pour lui, ce mot n'avait aucun sens. Et ceux qui se prétendaient la rendre n'en avaient encore moins à ses yeux.

Severus écouta à moitié le discours que leur réserva Ephemera, plus qu'écoeuré qu'autre chose à ce discours. Non, vraiment, ils ne comprenaient rien. Vraiment rien. Certes la mort de Lily Jackson, avec qui il avait un lien assez étrange, ayant été marqué en même temps qu'elle, l'affligeait et l'attristait profondément, même s'il n'en montrait rien. Mais ce discours, s'il était juste concernant les hommages à rendre à la jeune auror décédée, était par ailleurs complètement inepte à ses yeux quant aux conseils soit-disant donnés aux jeunes et aux erreurs à ne pas commettre. Comme si c'était ce genre de discours qui allait dissuader qui que ce soit de commettre ces erreurs... "je vous exhorte à ne jamais céder aux caprices d'un quelconque mage noir avide de pouvoir et de ténèbres ; c'est pourquoi je vous supplie de ne pas vous associer à la reflambée d'un mal dont nous avons tous et toutes été victimes, mangemorts comme sorciers neutres, du civil ou de l'Ordre du Phénix" Merlin ! Si on lui avait servi un tel discours dans son jeune âge, sans nul doute n'aurait-il rien écouté, et aurait-il même ricané ! C'était un conseil tellement... stupide et inutile. Soit vous n'étiez déjà pas attiré par les possibles ténèbres environnantes, et auquel cas il était inutile de vous rappeler de ne pas y aller, soit vous étiez déjà hypnotisé par ce charisme que l'obscurité pouvait avoir, et ce discours n'aurait plus aucun impact sur vous...

"C'est en veillant à conserver nos idéaux de paix et de civilité que notre communauté sorcière pourra survivre et s'épanouir, et non en voulant à tout prix éradiquer tous ceux n'appartenant pas aux critères que l'on souhaiterait voir apparaître chez tous les sorciers" : encore fallait-il avoir de si beaux idéaux. Pour sa part, ni pureté du sang, ni paix ni guerre, ni même pouvoir n'étaient entrés en ligne de compte. Simplement, connaissance, reconnaissance, et puissance magique. Rien de plus. De toute façon, à quoi aurait-il pu prétendre d'autre ? Lui, sang-mêlé, si haï par tous, si laid, si asocial par son ton acerbe, ses sarcasmes acérés et ses manières plutôt abruptes, si pauvre et si pouilleux ? Non, vraiment, mis à part son intelligence et ses talents indéniables, il n'avait pu prétendre à rien de bien mirobolant dans cette société qui n'en voyait que par les apparences, l'argent, ou le sang, l'ascendance et les titres honorifiques.

Severus se contenta d'un regard rapide vers Ephemera, qui en disait long. Typiquement le genre de discours qu'il aurait détesté qu'on lui serve. Il priait d'ailleurs intérieurement pour qu'il ait au moins le temps de rédiger lui-même son discours funéraire, que le vieux fou n'aurait alors qu'à lire, plutôt que de laisser ledit fou faire un tel discours sur sa tombe. Ou alors qu'il ait au moins la décence de se taire. Ce serait d'ailleurs le plus beau discours qu'on pourrait lui offrir à sa mort : le silence. Le silence... tel qu'il avait vécu sa vie, dans l'ombre et le silence. Plus qu'agacé par ce discours, Severus préféra alors détourner le regard et distraire son attention. Pour tomber soudain sur une vue des plus étonnantes et saisissantes...

Chapell... Fran Chapell... Certes, ce n'était pas la première fois qu'il la voyait. Ni la dernière, assurément. Et elle était déjà là depuis un bon moment, avant même l'arrivée du magenmagot, mais à vrai dire, son attention avait été monopolisée par les aurors qui n'avaient eu de cesse de le manipuler de ci de là, pour enlever les menottes, le faire asseoir, le faire se relever, le menacer plus ou moins subtilement verbalement s'il tentait de s'échapper alors qu'ils concédaient à lui donner l'aisance d'avoir les mains libres... puis le magenmagot au grand complet et dans toute sa splendeur était arrivé, et il n'avait qu'à peine regardé la jeune femme. "Pourtant il aurait dû !" se fustigea-t-il mentalement, tandis que ses orbes noires dévoraient presque la procuromage, avant de finalement de se planter dans les perles magnifiques qui le fixaient également. Echange de regard bref, très fugace, mais pourtant bien réel et des plus intenses. Comme si un feu valsait soudain entre eux, menaçant de les consumer à l'instant. Du moins lui. Il sentait soudain, face à cette femme si digne et si magnifique dans son habit de deuil, une partie de lui renaître doucement mais sûrement. Et soudain, elle détourna le regard, sembla reprendre ses esprits ou il ne savait quoi.


- J'appelle mademoiselle Ebene Elisabeth Graymes à la barre.

La phrase claqua soudain dans l'air, le ramenant abruptement à la réalité, le faisant presque vaciller. Le temps venait de réclamer ses droits à reprendre son cours et lui peinait à le rattraper soudain. Graymes ? Graymes à la barre ? Mais qu'est-ce que ca voulait dire que tout ce cirque ? Merlin ! Il aurait peut-être dû consulter ce maudit dossier...

Et comme à regret, il détacha son regard de sa nymphe en noir, pour la reporter sur la Miss gothique qui arrivait alors.



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Prince de Sang-Mêlé - Présumé mort
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Ebene Graymes
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MessageSujet: Re: Seconde journée de procès [EVENEMENT !]   Mer 20 Jan - 1:08

Cette seconde journée de procès, Ebene l'appréhendait fortement. Elle ne savait que trop bien que, le procès durant très exactement deux jours, elle aurait à témoigner aujourd'hui même. Et elle ne pouvait s'empêcher d'en trembler un tout petit peu à l'avance. Comprenez donc son point de vue ! Elle allait défendre un criminel, elle qui d'ordinaire était (son métier oblige) dans les témoins de l'accusation plutôt que dans ceux de la défense. Après toput, lorsqu'elle faisait partie des équipes d'aurors chargées d'arrêter un mangemort ou un sorcier dangereux quelconque, elle devait bien préciser ses rôles, non ?

Mais là, tout était différent. Pour la seconde fois dans son existence, la première ayant été il y a quelques mois seulement au procès de Lucius Malefoy. Elle avait plaidé la défense, sans se parjurer. Et elle s'était plus ou moins bien débrouillée. Mais là, là ! Les enjeux étaient doublés, triplés ! Elle n'était pas que l'ancienne élève de Severus Rogue, elle n'était pas non plus que l'auror qui avait été l'arrêter avec la soeur Shacklebolt, qui avait réceptionné Rogue en personne aux alentours du Ministère. Elle était bien davantage que tout cela. Elle avait partagé pendant près de dix-huit ans déjà la vie du maître des potions, avec tous les hauts et les bas y correspondant. Elle l'avait connu sous toutes ses facettes ou presque. Et maintenant, elle allait devoir témoigner.

Ce n'était pas une chose à prendre à la légère. Elle savait posséder des informations très importantes pouvant permettre la libération (sous caution ou non) de Severus Rogue. Elle savait ce qui s'était passé avec Dumbledore, elle savait que ce meurtre n'en était pas un. Elle savait qu'il s'agissait d'un suicide programmé à l'avance, si on peut dire. Avec la complicité d'un tiers. Mais un suicide quand même. Elle savait égalemement de quoi il en retournait concernant Severus. Ses raisons de rester du côté des forces du Bien, si l'on pouvait dire cela ainsi. Elle le connaissait assez bien. Pour lui, le bien et le mal n'existaient pas. Il n'existait que l'homme, ses travers, ses qualités, ses actes. Mais ni bonnes actions, ni mauvaises actions. Ca, c'était trop abstrait. Et de toute façon, être manichéen n'avait jamais été dans le genre d'un Severus Rogue.

Elle savait ce qui s'était passé. Peut-être pas parfaitement, certes. On lui en avait conté une bonne partie. Ephemera, tout d'abord. Il avait jugé bon de la prévenir de tout ce qui s'était passé entre Dumbledore et Severus pour lui éviter une réaction exagérée. Avait-ce été la précaution inutile ? Elle ignorait quel type de réaction elle aurait bien pu avoir si on lui aviat un jour annoncé que Severus avait tué Dumbledore, de but en blanc. Aurait-elle soupçonné l'anguille cachée sous la roche ? Peut-être. Elle n'aurait que trop eu, si le cas s'était présenté de lui-même, l'occasion de jauger sa confiance en celui qu'elle appelait son frère de coeur. Confiance ? Oui, probablement lui faisait-elle énormément confiance. Mais confiance aveugle ? C'était moins sûr.

Mais cela ne s'était pas passé ainsi, finalement, et Ebene avait rapidement été mise au courant de tout par son ancien tuteur. Elle ne le regrettait pas. Elle avait passé plusieurs mois sans nouvelles de Severus parès cette annonce, tentant en vain del e contacter par tous les moyens possibles et imaginables. Elle avait essayé de lui écrire. Elle lui avait envoyé plusieurs paquets à Poudlard via hiboux postaux. Elle avait même essayé de s'introduire dans l'école pour prendre de ses nouvelles, mais avait vite renoncé face au danger. Gryffondor, certes. Pas suicidaire pour autant. Et après tout ce temps, tous ces événements... Que pouvait-elle penser ?

Elle ne l'avait pas vu "mourir", avait appris son décès et la disparition de son cadavre bien après tout le monde. Elle avait passé trop de temps à ricaner sur les cadavres effondrés de son père et de Lord Voldemort, entre autres. Elle avait eu pas mal de sang sur les mains ce jour-là. Celui de son père. Celui des deux Carrow. Celui de plusieurs autres mangemorts non-identifiés qu'elle avait eu la joie d'envoyer dans l'autre monde. Et Elle avait joui de leurs morts, aussi horrible cela puisse-t-il paraître. Elle avait apprécié les voir crever, elle ne pouvait le nier. Et maintenant, elle avait à défendre Severus, un autre mangemort. Ne se contredisait-elle pas quelque peu ?

Non. Elle ne se contredisait pas. Elle avait affaire à celui qui avait pendant des années trahi dans l'ombre son maître "officiel", à savoir Voldemort. Il y était si bien parvenu que ça paraissait maintenant incroyable. Il l'avait roulé dans la farine pendant des années, sans que l'autre ne le soupçonne. Oh, possiblement l'avait-il soupçonné de temps en temps, elle était bien placée pour savoir qu'un type dans ce genre ne faisait confiance à personne. Et Severus le savait fort bien lui aussi. Mais à quel point il avait été proche du seigneur des ténèbres ne pouvait qu'effrayer.

Ebene redescendit sur terre. C'était elle qui allait ouvrir les festivités aujourd'hui. Elle allait avoir droit aux traditionnelles questions, probablement. L'auror reprit sa superbe et son panache gothique pour une fois remisé au placard en faveur d'une tenue bien plus formelle. Elle était donc venue en robe de sorcière à la victorienne d'une apparence des plus conventionellles, sans la moindre fioriture, en vertu du deuil auquel elle était soumise. Après tout, elle avait quand même vu mourir Lily Jackson... Elle lui devait bien ce dernier sacrifice de sa tenue !

Ebene s'avança donc avec un calme trop contrôlé, qui ne reflétait pour ainsi dire rien de son émoi intérieur, de ses doutyes et de ses tracas. Peu importaient maintenant. Elle s'était engagée dans cette histoire, elle n'avait qu'à s'en sortir en témoignant de son mieux. Sa voix s'étranglait déjà dans sa gorge à cette idée, mais elle devait gérer, il ne pouvait en être autrement. Ebene se connaissait assez pour savoir qu'une fois partie dans son histoire, elle ne s'en sortirait qu'une fois les mots tous échappés de sa gorge. Et puis, il y avait toujours cet encouragement muet dans les yeux qui étaient face aux siens, ceux de son tuteur. La procuromage Chapell ? Elle ne la connaissait presque pas. Et elle s'en moquait bien. Ce n'était pas cette étrange femme qui maintenant lui ressemblait presque qui allait l'impressionner !

Ebene prêta serment sur le Livre de Merlin sans la moindre émotion apparente. Pour un peu, on aurait pu la prendre pour une Serpentarde plutôt que pour une Gryffondor. Elle n'avait pas perdu toutes les traces génétiques léguées par ses parents, de toute évidence : elle n'était pas fille d'une grande famille de sang-pur tous serpentards pour rien ! Sourire léger aux lèvres, elle se tourna un instant vers l'assistance avant de prendre une inspiration assez ample. Le grand moment était venu pour elle. Et, comme si elle était sur scène, elle ne devait pas commettre d'impair. La procuromage Chapell lui posa les questions usuelles, à savoir : ce qu'elle savait, ce qu'elle avançait pour la défense de Severus Rogue. Et le reste ? Pas d'autres questions. Elle n'était ni mangemort ni professeur à Poudlard, elle ne pouvait guère témoigner du reste ! De plus, sa relation privilégiée avec Severus Rogue était peu connue du monde sorcier... Aurait-elle à la préciser ?


- Voilà qui va s'avérer long, commença alors Ebene, qui cherchait à reprendre depuis le début. Il s'avère que par notre maître de magie commun, j'ai bien connu le professeur Severus Rogue, et ce en particulier pendant les quatorze ans qui ont suivi la première chute de Celui-Dont-On-Ne-Prononce-Toujours-Pas-Le-Nom. En ces circonstances, je ne peux que vanter la volonté du professeur Rogue à racheter ses erreurs par sa conduite très coopérative. Le professeur Dumbledore lui-même aimait d'ailleurs à rappeler combien il était satisfait de son professeur de potions, lequel avait selon lui trahi le Lord Noir. Durant ces années, à ma connaissance du moins, le professeur Rogue s'est consacré à sa passion pour les potions et à sa maîtrise sans songer aux Arts Sombres.

Partie un : terminée. Accès niveau deux. Que devait-eklle donc mentionner ? Les conséquences d'Azkaban étaient dérisoires dans un témoignage, ces années sans Voldemort avaient été tout aussi insignifiantes ; mais il était toujours de bon ton de les mentionner, précautions obligent. Autant avoir le témoignage le plus complet possible, et si possible aussi le plus flatteur. D'ailleurs, passons à la suite.

- J'ignore les attitudes de Severus Rogue lors du retour de Vous-Savez-Qui, ou Voldemort si vous préférez ; étant alors aux prises avec mon apprentissage. Néanmoins, je sais via mon tuteur Aleister Ephemera ainsi que via le professeur Dumbledore lui-même quelques menus détails ayant une certaine... importance. Ayant par le passé beaucoup fréquenté le professeur Rogue, et étant moi-même membre de l'Ordre du Phénix, je puis assurer que Severus Rogue a rempli a priori les tâches que lui assignaient l'Ordre, nous fournissant des renseignements précieux et permettant ainsi d'éviter quelques attaques en kyrielle.

Restait maintenant à parler du plus important selon elle : le meurtre de Dumbledore. Un sujet des plus épineux, si vous vouliez son avis, car Ebene ne savait que trop bien l'extrême complexité de l'affaire. Elle se doutait bien qu'ils n'avaient guère eu le choix de la procédure, et que Severus Rogue n'avait pas eu le choix. C'était ça ou rien d'autre. Et ça avait porté ses fruits malgré le prix élevé à payer : Drago Malefoy se voyait vierge de tout crime (il n'aurait d'ailleurs pas été capable de tuer Dumbledore selon l'avis général, et cette décision absurde de Voldemort ne découlait que du désir de punir encore et toujours la famille Malefoy des erreurs de Lucius) ; Severus montait en grade chez les mangemorts, et Dumbledore connaissait une mort plus rapide que celle qui l'attendait.

- Voilà donc tout ce que je sais au sujet de l'appartenance au mouvement mangemort de Severus Rogue, ainsi que ce que j'ai pu voir au sujet de son activité au sein de l'ordre du phénix. Comme précisé, c'était évidemment lui qui tenait le rôle de l'espion dans les rangs mangemorts. Il me reste maintenant à parler d'un des points les plus épineux... à savoir l'accusation du meurtre d'Albus Dumbledore. Et pour cela, il me faut faire appel à mes compétences d'experte en magie noire.

Avec l'aide de mon tuteur, ainsi que celle de mon ancien maître de magie, nous avons examiné l'Horcruxe de la bague de la famille Peverel ; ainsi que les effets du sortilège reçu par le professeur Dumbledore. Il est évident que l'on ne peut survivre à un sortilège de cet acabit, car il se renforce avec le temps. Il condamne à une mort lente et douloureuse, provoque des crises de souffrances assez aiguës et en conséquence insupportables car incurables. Dans cette optique, nous pouvons donc affirmer que le meurtre du professeur Dumbledore, qui avait reçu les premiers soins de la part de Severus Rogue entre nous soit dit, a été un apaisement radical et définitif aux souffrances qu'il devait endurer.

De même, cette accusation de meurtre... peut être vue de deux manières. Il va sans dire que le professeur Dumbledore désirait, à l'instar du commun des mortels, une mort rapide et indolore, ou du moins la moins douloureuse possible. C'est là un désir très humain. D'autre part, il est établi que Drago Malefoy devait le tuer de sa propre baguette. L'action de Severus Rogue a donc eu une double part de mérite, car elle a à la fois préservé l'âme encore plus ou moins pure de cet adolescent, tout comme elle a abrégé les souffrances du professeur Dumbledore. Mais il y a plus intéressant encore. Mes souvenirs.


Ebene sortit alors de sa poche une fiole, frappa sa tempe de sa baguette et y fit couler un long filament argenté. Cadeau pour la pensine du magenmagot.

- Peu après le meurtre du professeur Dumbledore, j'ai eu droit à des explications de la part de celui qui avait été l'un de ses amis les plus intimes, à savoir mon propre maître de magie. Il ne contient pas les paroles expresses du défunt directeur de Poudlard, mais je ne doute pas que maître Ephemera vous fasse part des originaux... Ces souvenirs contiennent une pièce importante du dossier : le professeur Dumbledore avait lui-même demandé au professeur Rogue de l'achever lorsque le temps serait venu ! En l'occurence, nous pouvons donc, je pense, disculper quelque peu le professeur Rogue de l'accusation de meurtre qui pèse sur ses épaules...

Silence choqué dans la salle... ben tiens. Ils étaient tous médusés. Normal, d'un autre côté, vu l'annonce qui leur avait été faite...



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Severus Rogue
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A part ceux que je n'ai pas tué ou trahi? Euh... néant...
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MessageSujet: Re: Seconde journée de procès [EVENEMENT !]   Sam 30 Jan - 21:41

Severus se crispa imperceptiblement quand Ebene prit place à la barre des témoins. Dire qu'il était soudain plus que mal à l'aise serait un doux euphémisme. Que faisait-elle là, à témoigner à son procès ? Certes, elle était censée bien le connaître, ayant vécu tant d'années à ses côtés avec Ephemera. Mais ce n'était pas une information censée être si connue que ça, si ? Et n'était-elle pas auror ? Sa charge ministérielle ne l'empêchait-elle donc pas de témoigner au procès d'un Mangemort notoirement connu pour être passablement dangereux ? Qu'avait-elle donc de si important à raconter pour qu'on l'appelle ainsi à la barre ? Ce n'était pas comme si elle connaissait le fin mot de l'histoire après tout, n'est-ce pas ?

Severus s'efforça donc de reporter toute son attention sur ce nouveau et étrange témoignage, faisant taire les pensées incongrues qui tentaient encore de s'immiscer en lui pour mieux le distraire de cette morose et déplorable mascarade qu'était devenu pour lui le monde réel.

Mais peut-être aurait-il dû rester dans ses pensées finalement, grogna-t-il intérieurement, alors qu'il entendait les premiers mots de sa soeur de coeur. Oui, peut-être aurait-il dû ne pas écouter tout ce discours qui le faisait osciller entre nausée, tant il suintait de niaiseries ineptes, et entre reconnaissance, tant Ebene s'acharnait à déposer arguments après arguments pour le défendre. Mais quand bien même ses intentions étaient louables, Severus n'appréciait guère ce témoignage, qui déballait ainsi sa vie privée. Presque ses pensées intimes. L'ombre qu'il avait été n'avait pas été une ombre pour rien après tout. Il ne voulait pas forcément qu'on sache. Pas certaines choses du moins.

"Racheter ses erreurs par sa conduite très coopérative". Qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre. S'il s'était rangé de l'autre côté, aux côtés de Dumbledore plus précisément, ce n'était pas pour "racheter ses erreurs", du moins pas en première intention, mais pour sauver Lily. Pour Lily. Ni plus ni moins. Rien que pour elle. Et quant à ses erreurs... il pensait qu'il était inutile de tenter de les racheter car elles ne pouvaient être rachetées. Elles étaient allées trop loin dans l'horreur et l'abomination, pour qu'il ait une quelconque chance de les racheter justement.

"le professeur Rogue s'est consacré à sa passion pour les potions et à sa maîtrise sans songer aux Arts Sombres." Pas mal celle-là aussi. Comme s'il avait arrêté, ne serait-ce qu'un instant, de songer aux Arts Sombres. Il en était imprégné, marqué même. Comment pouvait-il donc arrêté d'y songer ? Les Arts Sombres étaient faits pour lui, en lui, ou du moins il était fait pour les Arts Sombres. Jamais il ne pourrait complètement les quitter et s'en émanciper. C'était un fait indéniable. Pourquoi était-il le seul à le comprendre ? Pourquoi tous s'acharnaient-ils à lui faire renier une partie de lui avec tant de forces ?

"Severus Rogue a rempli a priori les tâches que lui assignaient l'Ordre, nous fournissant des renseignements précieux et permettant ainsi d'éviter quelques attaques en kyrielle." Certes. Mais cela n'empêchait en rien qu'il ait pu aussi trahir l'Ordre, n'est-il pas ? Il pouvait avoir joué un double jeu jusqu'au bout. N'était-ce pas, au final, ce qu'on lui reprochait ? D'avoir si bien joué double jeu qu'on ne pouvait plus, au jour d'aujourd’hui, déterminer avec certitude la cause qu'il avait servie. "S'ils savaient", ne pouvait-il s'empêcher de penser. "S'ils savaient". Car à bien y penser, Severus n'avait jamais servi de cause autre que la sienne propre. Ou celle des siens. Celle de Lily en l'occurrence. Il aurait peut-être été capable de servir la cause d'Ebene aussi en quelque sorte, si un jour elle avait été en si grand danger. Mais jamais la cause des autres. Pas vraiment. Même si au final leur chemin pouvait se rejoindre parfois...

Et soudain, le coup de massue. Le summum. Le must du must. Un témoignage concernant le meurtre d'Albus Dumbledore, comme elle se plaisait à en parler. Mais par la barbe de Merlin, que diable pouvait-elle donc savoir ? Elle n'y était pas, elle n'avait pas été là non plus lors des séances tendues qu'il avait eues avec Albus à ce sujet. Elle était censée ne rien savoir.... ou pas. Et là ce fut le choc.

"Avec l'aide de mon tuteur, ainsi que celle de mon ancien maître de magie, nous avons examiné l'Horcruxe de la bague de la famille Peverel ; ainsi que les effets du sortilège reçu par le professeur Dumbledore. Il est évident que l'on ne peut survivre à un sortilège de cet acabit, car il se renforce avec le temps. Il condamne à une mort lente et douloureuse, provoque des crises de souffrances assez aiguës et en conséquence insupportables car incurables. Dans cette optique, nous pouvons donc affirmer que le meurtre du professeur Dumbledore, qui avait reçu les premiers soins de la part de Severus Rogue entre nous soit dit, a été un apaisement radical et définitif aux souffrances qu'il devait endurer."

Severus pouvait sentir soudain ses tempes pulser sous la pression sanguine qui semblait avoir encore augmenter d'un cran, menaçant de faire exploser, et son cœur, et son crâne. Le monde tournait étrangement soudain autour de lui...

"De même, cette accusation de meurtre... peut être vue de deux manières. Il va sans dire que le professeur Dumbledore désirait, à l'instar du commun des mortels, une mort rapide et indolore, ou du moins la moins douloureuse possible. C'est là un désir très humain. D'autre part, il est établi que Drago Malefoy devait le tuer de sa propre baguette. L'action de Severus Rogue a donc eu une double part de mérite, car elle a à la fois préservé l'âme encore plus ou moins pure de cet adolescent, tout comme elle a abrégé les souffrances du professeur Dumbledore."

"un double mérite". Que ces quelques mots pouvaient sonner cyniques soudain dans son esprit. Quelle mort pouvait donc avoir un quelconque mérite ? On voyait bien que ce n'était pas elle qui avait tenu la baguette pour donner cette mort justement ! Severus sentait sa gorge s'assécher dangereusement, et les sons vibraient en lui de façon irraisonnée, martelant son crâne d'un écho assourdissant. Il trouva toutefois la force de fusiller la jeune auror du regard, lui faisant parfaitement comprendre à quel point il déplorait son témoignage et surtout ses mots. "un double mérite". Qu'elle le laisse donc avec ce double mérite et qu'elle aille pourrir dans les bureaux du Ministère plutôt que d'aller proférer de tels propos presque obscènes à son procès. SON procès ! C'était son procès par tous les dragons sanglants ! Pas un discours en son honneur non plus ! Et il ne tolérait pas qu’on profane ce meurtre par de telles paroles !

"Mais il y a plus intéressant encore. Mes souvenirs."

Parce qu'elle avait encore des choses à dire ? Tentant alors de chasser son malaise qui augmentait de secondes en secondes, en même temps qu'une fureur grondante prenait possession de lui, Severus s'efforça de se reconcentrer sur ce qu'elle disait. Et de taire les sarcasmes agressifs qui menaçaient à tout moment de s’échapper de ses lèvres.

"le professeur Dumbledore avait lui-même demandé au professeur Rogue de l'achever lorsque le temps serait venu !"

C'était là le coup de grâce. Et Severus, soudain rendu définitivement muet, ne put que fermer les yeux pour faire face à l'assaut violent qui venait de l'assaillir, sous peine de défaillir tout bonnement en plein milieu de la pièce et en plein procès. Ce qui aurait cassé sa réputation légendaire de Mangemort sans coeur et sans âme, avouons le.

Et ce silence. Lourd silence qui intensifiait encore la tension maintenant bien palpable et bien tangible. Silence lourd de sens qui en devenait suffoquant.

Rassemblant les quelques forces qu'il lui restait, Severus rouvrit les yeux, les ancrant, avec l'énergie de la colère désespérée qui l’habitait alors, dans les orbes de jais du témoin. Il ne savait plus très bien s'il la haïssait ou la bénissait à l'heure actuelle. Un mélange des deux probablement. Il était quelque part plus que furieux qu'elle sache tout cela et que lui ignore qu'elle ait été au courant. Il était aussi furieux qu'elle ait osé révéler tout cela sans même lui dire qu'elle avait l'intention de tout dire de but en blanc et qu’elle ait osé les révéler ainsi, avec de tels mots, avec un tel irrespect aussi. Mais... mais au fond de lui, il était aussi infiniment soulagé de ne pas à avoir à révéler tout cela lui-même.

Il sentait son coeur saigner. Sans qu'il ne puisse l'arrêter. Tel un flot de sang, qui devait être un mélange du sien et de ses victimes, un mélange de larmes de désespoir et de peine aussi. Sa peine, sa douleur, son désespoir. Tous ses ténébreux sentiments s'épancheraient-ils enfin, maintenant que la lance était retirée et que la plaie pouvait se drainer ? Cicatriserait-il enfin ? Ou saignerait-il encore et encore ? Les mots étaient dits et semblaient frapper les esprits. La lumière semblait vouloir lever le voile obscure de tous ces événements sombres et sanglants. Mais lui dans tout cela ? Que deviendrait-il ? Que deviendrait son âme ? Que deviendrait sa peine ? Sa douleur ? Partiraient-elles, emportées par le flot bourbeux qui s'échappait alors de sa plaie béante ?

Il avait soudain envie de pleurer. Il sentait d'ailleurs les larmes monter à ses yeux. Mais elles lui firent la grâce de ne pas couler lâchement et de ne pas s'échapper aux yeux de tous. Il ne pleura pas donc. Et resta un long moment à regarder Ebene, un mélange de sentiments se bousculant dans son regard sans qu'il ne parvienne lui-même à les démêler.


- Monsieur Rogue ? Entendit-il soudain non loin de lui. Monsieur Rogue ? Avez-vous des questions à poser au témoin ? Redemanda un des membres du magenmagot.

Ce n'est qu'à ce moment que Severus remarqua tous les regards braqués sur lui. Certainement n'avait-il pas entendu qu'on s'adressait à lui et n'avait-il pas répondu. Ce qui avait attiré l'attention de tous, déjà bien choqués par toutes ces révélations, sur lui.

- Monsieur Rogue ? Reprit le membre du magenmagot.

Severus ne put tout d'abord répondre que par un hochement de tête négatif. Il lui fallut quelques secondes encore pour se racler la gorge et reprendre d'une voix blanche :

- Non. Je n'ai pas de questions.

Et ce fut tout. Quelles questions pouvait-il donc poser après de telles révélations ?

Tout était dit. Ou presque.


- Tout est dit, répéta-t-il, s'apercevant, un peu tard, qu'il avait parlé tout haut.

Tout était dit. Oui. Et lui aurait aimé aller se morfondre dans d’autres méandres, inconnues du commun des mortels, pour mieux oublier ce qui était dit justement...



Signature créée par Ebène Graymes

Prince de Sang-Mêlé - Présumé mort
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Seconde journée de procès [EVENEMENT !]

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