Sept mois après le terrible conflit qui a vu la défaite du Lord Noir, le monde magique est en effervescence...
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 [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.

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Aleister Ephemera
~Maître de Magie~


Nombre de messages: 135
Emploi: Maître de Magie
Président sorcier du Magenmagot
Vice-Président du CEMP
Auror à la retraite et diplômé en médicomagie...
Maison: Gryffondor
Age: 125 ans
Relations: Ebene Graymes, ma petite fille chérie
Severus Rogue, mon apprenti préféré...
Présentation: Fiche

Parchemin d'Expérience
Expérience magique:
6285/100000  (6285/100000)
Compétences particulières: Médicomage et guérisseur réputé, auror d’élite à la retraite, maître des potions, passionné par les arcanes des magies sombre et ancienne...

MessageSujet: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Mer 29 Oct - 21:57

Aleister Ephemera se dépêchait, courant presque dans les couloirs du Ministère de la Magie, son jeune apprenti Bill Dolohov ainsi que sa fille adoptive Ebene Graymes sur les talons. Cette dernière les menait, d'ailleurs, vers l'une des premières cellules du Ministère, autrement dit une de celles qui servaient à conserver les prisonniers à interroger rapidement, ceux ayant commis de toutes petites infractions ne nécéssitant pas vraimetn d'emprisonnement à Azkaban, une infraction du genre un vol à l'étalage ou encore un détournement mineur d'objet moldu. Ou alors, et là il semblait que ce soit le cas, c'étaient des cellules destinées à maintenir enfermées, et solidement enfermées, des personnes dans un état de santé trop grave pour supporter les détraqueurs (pour ce qui est de l'état psychologique), ou du moins ce qu'il restait de leur présence passée pendant des siècles à Azkaban, ou dont la santé était trop déplorable pour supporter les conditions difficiles de la prison des sorciers. C'étaient d'ailleurs des cas très rares, puisque la plupart du temps, il fallait bien l'avouer, les aurors s'en fichaient un peu voire beaucoup, et coffraient leurs prisonniers sans le moindre remord ni la moindre vergogne dans les geôles d'Azkaban, sans trop prêter attention à leur état de santé ou à leur état psychologique profond. Ce qui avait eu pour conséquence entre autres que plusieurs avaient fini totalement fous, beaucoup aussi étaient morts de maladies en tout genre, pas forcément magiques d'ailleurs, car souvent on laissait la maladie et les détraqueurs venir à bout des rats qui servaient de prisonniers, et il était parfois étonnant que certains comme Sirius Black ou Bellatrix Lestrange aient survécu autant de temps aux maladies, aux détraqueurs et à tout le reste. Enfin, à moitié survécu, dirons-nous, pour Bellatrix Lestrange, car elle avait tout de même un sacré grain, pour ne pas dire tout un champ de maïs dans la tête; et pour ce qui est de Sirius Black, seul sa transformation en animal, autrement dit son animagie, l'avait préservé de la démence. Tant mieux pour lui, au final, puisqu'il est innocent!

Mais peut-être vous demanderez-vous, avant d'avoir à lire toute la suite de cette merveilleuse histoire, ce que faisait un vieux maître de magie comme lui dans les couloirs du ministère de la magie, quasiment à courir comme un dément dans le dédale de petits halls en tout genres, à slalomer entre les cellules et les bureaux, et à traverser ainsi en long et en large le sous-sol londonien. Que pouvait-il donc avoir de si impotrant à faire poour y emmener sa fille de coeur et son apprenti nouvellement promu? Y avait-il donc un problème si grave que cela? Semblerait-il que oui, pour forcer ce maître de magie là à quitter sa douce retraite à Leicester, entre ses plantes et ses potions, et accessoirement entre ses apprentis et ses bouquins, il fallait une solide raison autre que la routine qui l'attirait en dehors de ses propriétés du nord de l'Angleterre. Et en effet, la raison était de taille: son ancien apprenti, devenu un membre de la famille à part entière, avait été retrouvé, si du moins il avait bien compris les explications plus ou moins embrouillées, voire même très embrouillées de sa fille adoptive, dans les alentours de New-York par une obscure procuromage nommée Ann-Elizabeth Cardwell, qu'il ne connaissait d'ailleurs ni d'Eve ni d'Adam, ainsi que par une auror qu'il connaissait beaucoup mieux (et pour cause, c'était une des grandes amies de sa petite, même si plus si petite que ça, Ebene) nommée Tia Shacklebolt. Bon, à ça pas grand chose de terriblement choquant, excepté peut-être le fait que Severus ait survécu, mais ça, il fallait bien avouer que, sans s'en douter, il n'avait pas pensé que son ancien apprenti était mort, ni qu'il était vivant d'ailleurs. En plus clair, il avait autre chose à penser qu'à ce jeune homme pourtant prometteur qui venait de les quitter soit pour d'autre horizons, soit pour la tombe.

Mais l'arrivée on ne peut plus impromptue de sa fille adoptive, fille qui, je vous le rappelle était bien tranquillement chez elle à Londres en train de déguster son goûter, enfin quoique, peut-être était-ce déjà son dîner puisqu'il était quasiment 18h00 lorsqu'elle avait été prévenue par sa collègue auror. Donc, je disais qu'Ebene Graymes était arrivée en trombe aux alentours de 20h00, en plein milieu du dîner qu'il partageait avec son nouvel apprenti, un jeune serpentard nommé Bill Dolohov, garçon peu bavard qui pour l'instant le suivait tant bien que mal à une allure du diable, pour leur annoncer que Severus Rogue avait été retrouvé vivant. Ha, à cet instant là, la petite Ebene était dans un drôle d'état! Toute tremblante de la tête aux pieds, comme une feuille, à croire qu'elle tremblait de froid, or ce n'était pas du tout le cas, Merlin leur en soit témoin! Elle n'avait pas froid, la petite Gryffondor, elle avait peur. Oui, oui, le courage gryffondoresque avait des limites, vous avez bien lu, je vous le confirme! Et quelles limites dans son cas! Elles étaient à son avis plus que flagrantes: autant elle avait tenté de se montrer rassurante et positive devant son frère de coeur, autant elle relâchait la pression imposée par la présence de ce dernier lorsqu'elle était entrée dans Leicester pour leur annoncer la bonne mais terrible nouvelle, et autant elle se laissait envahir présentement par l'angoisse la plus profonde, leur livrant sans hésiter ses états d'âme les moins rassurants. Elle craignait que tout ce qu'elle avait dit histoire de rassurer le serpentard qui lui servait de frère se révèle faux, qu'elle ne puisse rien y changer, que tout se termine mal (la chose la plus a craindre de toutes!) ou que l'état de Severus ne s'améliore jamais, ou même qu'il ne retrouve jamais sa maigre santé antérieure. Elle craignait pour tout cela, encore plus que tout être sur cette terre, semblerait-il, et espérait bien entendu que lui, Aleister Breandan Caoimhin Ephemera, maître de magie, pourrait beaucoup arranger à cela. Il faut bien avouer que son expérience en médicomagie aidait beaucoup, n'est-ce pas?

Elle avait pris quelque temps à se calmer, certes, avait dû boire deux ou trois verres de cointreau cul sec pour retrouver la moitié, ne fût-ce que la moitié, de ses esprits plutôt épars pour l'instant, et avait plus ou moins retrouvé l'usage de la parole qu'elle avait perdu quelques minutes après son arrivée, au moment exact où elle s'était effrondrée dans un divan et avait fait venir d'un accio précis la bouteille de crointreau et un verre dans ses mains fébriles. Ensuite, bien entendu, elle avait ouvert la bouteille et s'était généreusement servie pour se calmer les nerfs et par la même occasion se réchauffer un peu les plumes. L'aiglonne avait ensuite commencé à expliquer, plus ou moins clairement, à son ancien maître de magie et tuteur les symptomes dont souffrait Severus, avait expliqué plus ou moins en détails ce qu'elle avait fait comme soins dès son arrivée, ce qu'elle lui avait donné à manger, et elle aurait été capable de dire jusqu'au nombre de couvertures qu'elle lui avait mises sur le dos si le maître de magie ne l'avait pas un peu calmée et rassurée à son tour. Ce dont elle semblait avoir le plus besoin à cet instant là, d'ailleurs. Et ensuite seulement, il avait ordonné à son apprenti de prendre une cape de voyage avant de les rejoindre dans le laboratoire. Il avait ensuite donné quelques instructions à Ebene avant de l'envoyer à son tour au laboratoire prendre des potions et du matériel, alors que lui même allait dans ses appartements prendre une cape et quelques autres petites choses fort utiles en médicomagie, dans le genre... sa baguette de rechange, par exemple?

Et finalement, les trois personnes s'étaient retrouvées dans le laboratoire. Bill et Ebene avaient assemblé les potions nécessaires dans une trousse de transport, trousse qui bien rapidement, une fois qu'Ephemera l'eut vérifiée, rejoignit le médaillon que l'auror de service présent dans la maison, j'ai nommé Ebene Graymes, portait au cou. Ensuite seulement, ils avaient quitté la chaleur de la grande demeure d'Ephemera à Leicester, étaient sortis tous les trois dans le parc enneigé, suivis par leur meute de chiens et loups, avaient passé la grille en fer forgé et avaient bien entendu transplané à Londres. Certes, ils auraient pu tenter par voie de cheminette, mais qui sait, les réseaux pouvaient être encombrés, n'est-ce pas? Aussi, préférant les entrées moins communes du ministère, celles qu'on réservait aux urgences (arrivées d'auror en possession de mangemorts susceptibles de tuer tout le monde, arrivée de médicomages mandés d'urgence pour soigner quelqu'un (membre du ministère, autre personne, etc) victime de merlin-sait-quoi, et encore bien d'autres cas particuliers) en général. Ensuite, ils avaient dévalé les escaliers reliant l'atrium aux autres niveaux, en l'occurance présentement le premier niveau, et étaient présentement en train d'atteindre les cellules réservées aux prisonniers. C'était dans la quatrième de ces cellules que se trouvait Severus Rogue, un prisonnier parmi quinze ou vingt autres, mais un prisonnier... exceptionel, dirons-nous.

Silencieusement, respectant le sommeil réparateur de son ancien apprenti, le vieux médicomage tendit son autorisation d'entrée signée de Kingsley Shacklebolt lui-même à l'auror de faction devant la cellule. Erik Lancaster avait l'air d'avoir quitté les lieux, mais pour combien de temps, seul Merlin le sait! Silencieusement toujours, l'auror ouvrit la barrière magique qui maintenant Severus enfermé dans cette petite pièce exiguë et à moitié hospitalière seulement (il ne put d'ailleurs retenir un petit calembour disant que si l'état de Severus était aussi déplorable que le prétendait Ebene, ce ne serait pas dans une chambre à peine hospitalière qu'il serait, mais bien dans une chambre hospitalière... à Sainte Mangouste. Calembour douteux, donc) et laissa les trois personnes entrer. Respectant le sommeil de son apprenti, Aleister fit signe aux deux autres de s'asseoir sur les deux chaises présentes dans la pièce. Par respect pour le maître de magie, Ebene prit d'ailleurs place sur la table, et Alesteir prit donc la dernière chaise, qu'il déplaca pour pouvoir s'asseoir tout près de son apprenti endormi, attendant patiemment qu'il daigne se réveiller. Ebene avait sorti un livre et grignotait tranquillement un brownie encore tout chaud qui embaumait partout dans la pièce et qu'elle avait emporté de Londres, brownie qu'elle avait d'ailleurs accepté de partager avec Bill Dolohov, lequel semblait à nouveau rêvasser d'ailleurs, comme il lui était coutumier.

Et lui, Aleister Ephemera, continuait bien tranquillement à se remémorer avecv le plus d'exactitude ce qu'Ebene lui avait dit précédemment. A savoir, tout ce qui concernait l'état de santé de Severus. Ignorant tout ce qui avait trait avec les soins prodigués à son apprenti à New York par un médicomage qui lui était totalement inconnu, Aleister ne pouvait que supposer, et ça ne l'arrangeait guère, il fallait bien le reconnaître. Boîterie de la jambe gauche, avait dit Ebene, avec raison si on en jugeait à la vue d'une canne appuyée contre la table de chevet. La morsure de Nagini, bien que présentement protégée par un pansement et ayant été traitée avec efficacité par Ebene elle-même (rappelons qu'elle a son diplôme de médicomagie générale de base en plus de ses qualifications d'auror). Il était aussi affreusement pâle, ce qui était probablement dû à une anémie conséquente à la perte de sang relativement importante qu'il avait subie après la morsure de Nagini. Ebene avait aussi dit qu'il avait vomi tout le contenu, même si pourtant peu important, de son estomac; et qu'il s'était retrouvé trop affaibli pour marcher. Tant de choses, si peu de symptômes précis... ah, si seulement il avait eu le sauveur en question, celui qui avait prodigué quelques soins à Severus! Ca l'aurait bien arrangé, ça!

Plongé dans ce genre de pensées médicales, Aleister Ephemera attendait bien tranquillement, secondé des deux jeunesses qui lui servaient d'apprentis, que le maître des potions le plus jeune de l'histoire ici présent daigne enfin ouvrir ses yeux noirs et leur donner signe de vie. Attente qui d'aillerus fut fort rapidement récompensée... Peut-être l'odeur des brownies avait-elle chatouillé les narines de Severus, peut-être avait-il senti une présence à ses côtés, voire même trois présences pour être plus exact... Il l'ignorait. Mais toujours était-il que Severus avait enfin ouvert les yeux...
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Severus Rogue
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Compétences particulières: Expert en potions, cela va de soi, legilimens et occlumens accompli, mais depuis son réveil du coma incapable de faire de la magie sans incident.

MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Lun 3 Nov - 21:19

Du bruit... au loin...

Des voix, qui lui paraissaient distantes...

Un bruit de déclic plus ou moins métallique...

Un bruit de pas... plusieurs pas... se rapprochant...

Puis... des bruits de froissement...

Des bruits qui semblaient comme venir de son rêve, un rêve qui semblait s'éloigner insidieusement tout en devenant de plus en plus concret, de plus en plus réaliste.. réel? Un rêve qui lui échappait et dont il ne parvenait plus, étrangement, à imposer sa propre volonté. Un rêve qui commençait à n'en faire plus qu'à sa tête. La preuve en était tous ces bruits parasites qu'il ne parvenait à identifier pleinement. Des bruits à la fois lointains, et proches, sa tête semblant alors toute cotonneuse...

Tandis qu'il se débattait peu à peu des brumes qui l'enveloppaient et ne semblaient pas vouloir le lâcher, il sentit alors une présence à ses côtés. Non, pas une, rectifia-t-il... des... Des présences. Il n'aurait su dire qui, ni même à quoi elles pouvaient un tant soit peu ressembler, mais il les sentait. Ce qui le fit s'agiter davantage encore, comme s'il tentait de chasser cette désagréable sensation de ne plus être seul, et pire encore d'être comme à la merci de ses présences qu'il ne connaissait pas.

Si, réalisa-t-il soudain. Il avait l'impression incompréhensible de reconnaître certaines auras... deux au moins... Une puissante en tout cas l'enveloppait d'une cape de bienveillance qui le rassérénera rapidement et le fit cesser toute agitation inutilement douloureuse pour son corps engourdi. Plus efficace encore qu'une main apaisante sur son front ou son épaule aurait pu le faire. Quoique... Cette douce pression sur son épaule n'était-elle pas une main apaisante justement? Fort possible, dut-il concéder, tout en tentant de s'extirper plus encore de son sommeil.

Que c'était frustrant d'ailleurs d'avoir ainsi tant de mal à reprendre pied dans la réalité, alors qu'il réalisait pleinement sortir des méandres d'un lourd sommeil, plus ou moins réparateur! Il n'était plus seul, ça, il en était sûr. Non seulement les présences qu'il avait senties alors qu'il dormait encore étaient bel et bien réelles, mais elles étaient, qui plus est, juste à ses cotés. Juste là... A portée de bras très certainement, si tant est qu'il ait eu la force de tendre le bras. En effet, le doux murmure de voix, cherchant à le rassurer ou quelque chose d'y ressemblant, et la délicieuse odeur de brownies ne pouvaient le tromper.

Severus parvint alors, après un âpre effort pour chasser les dernières limbes de son rêve qui ancrait encore quelque peu son esprit avant de définitivement le libérer de son emprise, à papillonner des yeux, ses orbes d'ébène se révélant alors à deux perles gris bleu penchées sur lui, avec une lueur qui semblait à la fois soulagée et inquiète. Le jeune maître des potions ne reconnut toutefois pas de suite l'homme à qui appartenait ses paupières et ses obsidiennes s'ancrèrent un long moment dans les iris céruléennes, comme cherchant à s'accrocher au dur réveil qui le secouait soudainement. Ce n'est qu'après un long moment, qui dut paraître une éternité, qu'il daigna enfin reprendre quelque peu ses esprits, du moins sa lucidité et que son instinct lui dicta de tenter d'identifier ces étranges présences qui l'avaient si brusquement réveiller...

Il tourna alors la tête, détournant son regard des yeux scrutateurs qui l'avaient pourtant si bien aidé à reprendre pleinement pied dans sa cellule, tout en réprimant un sourd gémissement de douleur sous le cri de ses muscles endoloris, et croisa les ébènes mi joyeuses mi cajoleuses de sa soeur de coeur... Ebène... Avec un brownie... Il lui accorda alors un pâle rictus ressemblant à un sourire, tandis que ses traits restaient crispés sous l'effort qu'il venait de faire. Car mine de rien, tourner la tête, ça pouvait s'avérer douloureux. Certes, pas autant qu'un doloris, mais tout de même.

Après quelques secondes de cet échange silencieux, il daigna décrocher son regard de ces orbes rassurantes et aperçut un jeune homme un peu plus loin, un jeune homme qui lui disait vaguement quelque chose... et qu'il détailla longuement, toujours dans un lourd silence, jusqu'à ce qu'il reconnaisse enfin le jeune Dolohov... Hum... Dolohov? Ici? Dans sa cellule? Qu'est-ce que cela pouvait bien encore signifier ou cacher? Certes le gamin ne suintait nullement la dangerosité de son paternel et n'avait jamais eu les mêmes convictions désuètes et intolérantes de ses ancêtres, du moins pas de façon aussi ostentatoires ni aussi marquées, mais tout de même? En quel honneur se retrouvait-il dans sa cellule?

Tout à son étonnement mais repoussant à plus tard l'élucidation de cette délicate question, Severus détourna négligemment ses yeux du jeune homme pour les poser sur la troisième personne alors à son chevet. Et en eut instantanément le souffle coupé. Par Merlin! Lui! Ici! Lui qu'il aurait pourtant voulu éviter le plus longtemps possible! Qu'était-il donc venu faire? Se demanda-t-il, fort idiotement, avant qu'une petite voix intérieure ne le fustige silencieusement de cette imbécillité flagrante. Il était venu le visiter, quoi d'autre? Possiblement le soigner aussi, ou du moins s'enquérir de son état de santé, l'instinct de médicomage du vieil homme étant certainement plus fort que lui. Peut-être voulait-il aussi lui reprocher la mort de son vieil ami qu'avait toujours été Albus?

Au fond de lui Severus en doutait.. Mais il ne pouvait s'empêcher aussi de le redouter. Et les iris pleines de sagesse et de bienveillance qui lui adressaient toute leur tendresse presque paternelle pour l'heure, lui rappelaient bien trop encore celles d'un autre vieillard, pour qu'il parvienne à soutenir leur profondeur plus longtemps. Un vieillard qu'il avait longtemps considéré comme un ennemi, puis comme un ami, avant de définitivement le prendre comme un père de susbtitution... un vieillard qui lui avait tout donné, et à qui il avait tout pris. Même la vie. Même si à sa demande. Un vieillard qu'il aurait voulu oublier, même s'il savait ce souhait impossible, et qu'il n'avait pas du tout envie de revoir dans l'homme assis auprès de lui.

Ne pouvait donc pas le laisser tranquille? Juste une fois... une toute petite fois... Fuyant du regard, il aurait aimé pouvoir fuir subitement de corps aussi. Il tenta d'ailleurs de se redresser. Mais aussitôt ses muscles endoloris et courbatus, qui lui réclamaient chaque jour une bonne heure d'adaptation chaque matin avant de lui concéder le moindre mouvement, se rappelèrent douloureusement à lui, lui arrachant un gémissement plaintif, tandis qu'il renonçait et retombait sur son lit, crispant les poings et de frustration face à son impuissance et de douleur. C'était dans ces moments-là, qu'il en voulait à son pseudo-sauveur.

Il dut attendre encore quelques minutes pour pouvoir de nouveau rouvrir les yeux, sans que ses rétines ne papillonnent de milles lumières aveuglantes, et pour pouvoir reprendre une respiration quelque peu plus normale. Moins hachée du moins, malgré l'air qui lui semblait plus ou moins vicié et plus ou moins suffocant. Merlin! Qu'on l'achève! Il détestait cet état de faiblesse et de cracmol...

Il se détestait. Tout simplement. Pourquoi ne voulait-on pas lui accorder alors la douce libération offerte par La Grande Faucheuse? Etait-ce donc là le dernier prix à payer?



Signature créée par Ebène Graymes

Prince de Sang-Mêlé - Présumé mort


Dernière édition par Severus Rogue le Dim 4 Jan - 19:13, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Lun 3 Nov - 23:17

Lessivé… Il était lessivé. Bill avait passé la matinée à suivre le Maître Ephemara. Depuis qu’il était son apprenti, Bill en apprenait beaucoup grâce à lui. Néanmoins la cadence était assez sévère, ce n’avait rien à voir avec les heures paisibles passées à Poudlard. Non, c’était différent. Les potions étaient plus complexes, la vigilance omniprésente, le chronomètre jouant toujours en leur défaveur. Car oui, c’était une chose de lire dans les bouquins qu’il fallait faire telle ou telle chose dans la potion, mais s’en était une autre de bel et bien la faire. Il faisait presque courir dans tous les sens, suivre les instructions à la lettre, pas le droit à l’erreur sous peine devoir son chaudron exploser… Et si ce n’était que les potions, en fait. Cela irait. Les potions étaient complexes, certes mais jamais infaisables. Il y parvenait à suivre le même, petit élève qu’il était. Il reproduisait, suivait les instructions du maître. Certes, Bill faisait gagné du temps à Ephemera en l’aidant, mais Ephemera en perdait autant à tous lui expliquer ou presque. Bill reconnaissait dans le vieil homme, une patience admirable avec lui. Certes, Bill comprenait vite, mais il y avait tant à apprendre qu’à peine une chose acquise, il fallait la complexée un peu plus. Bill passait en fait sa journée à dénouer les nœuds… Nœuds qu’Ephemera avait la gentillesse de renouer… Brrr… Mais c’était pour lui apprendre, sinon ce serait trop facile et son apprentissage n’aurait vraiment aucun sens. Il lui semblait avoir de la chance tout de même. Bon nombre de personne seraient prêtes à payer cher pour avoir sa place et être l’apprenti d’Ephemera. Certes, Ephemera avait du avoir déjà d’autres apprenti vu l’habilité qu’il avait à parfaitement lui expliquer les choses et ce, avant même que Bill lui ait posé la moindre question. Il fallait dire que Bill parlait peu, pour ne pas dire quasi jamais. A croire qu’Ephemera avait le don pour détecter la moindre inquiétude d’incompréhension dans ses yeux. Car Bill avait beau avoir les yeux sombres, des cheveux noirs qui lui tombaient dans le regard, il y avait dans ses yeux parfois tout le langue que sa bouche ne savait pas parler. Avec Ephemera, il y avait que le gentil Bill, le monstre était enfoui loin en lui. Bill avait soif de savoir en médicomagie, et Ephemera le lui apprenait. Il n’avait nul besoin de faire du mal, aussi bien par plaisir que par défense. Non, jamais, Bill avait enfermé le monstre dans sa cage, portant le masque du petit Bill Dolohov, sage, comme il le fut durant ses deux dernières années scolaires à Poudlard : studieux en cours, tendre avec Katherine. Un garçon assez passif qui pouvait rester dans le décor. Bien qu’à Poudlard, Bill eut quelques fois recours au monstre en lui pour se débarrasser d’une quelconque présence dérangeante. Bref, de toutes évidences l’heure n’était pas à songer à cela. C’était fini maintenant, il fallait tirer un trait, aussi difficile que cela puisse l’être. Et Ephemera semblait la seule personne à pouvoir empêcher Bill à ne pas avoir recourt au monstre, car avec lui, Bill ne craignait rien, comme en sécurité. Il écoutait le maître. C’était tout.

Puis en début d’après midi, il s’était rendu au ministère pour sa convocation. Il avait présenté milles excuses à Ephemera, lui promettant qu’il ne savait rien d’où pouvait être son paternel, et que les aurors ne voulaient pas le lâcher pour autant. Ephemera l’avait laissé aller, voyant bien que Bill ne demandait pas à être enfermé durant quelques heures à être interrogé et interrogé encore… Ce fut de longues heures éprouvantes, et perdus dans ses pensées, Bill avait percuté la protection d’un certain Severus Rogue. Il en fut surpris, surpris de revoir son ancien directeur mais surtout de le revoir en vie. Bill fut fouillé car bien entendu, il fut immédiatement accusé de tentative d’évasion du dangereux Severus Rogue… Puis relâché.

Rentrant au Manoir Ephemera, Bill constata l’absence du Maître, et ne voulant pas broyer du noir en attendant le retour du Maître, il s’en était allé à Poudlard pour demander un poste d’infirmier à la directrice. Mc Go lui avait alors dit qu’elle y réfléchirait longuement et qu’elle lui ferait signe dès qu’elle aurait pris sa décision. Bill était alors rentré au Manoir Ephemera. Le Maître n’était toujours pas rentré lorsque sonna dix-sept heures à la grande horloge du salon. Triste, Bill se résigna à broyer du noir. Il s’assit en tailleur sur le tapis du grand salon, retirant ses chaussures avant, et ferma les yeux pour faire le vide en lui. Du vide, il en avait grand besoin d’ailleurs. Les aurors ne lui donnaient pas une vie facile. Lui le premier, il aurait bien voulu savoir où était son père, savoir déjà même s’il était en vie. Et peu à peu, ses pensées lugubres vinrent à lui, tandis que le monstre refaisait surface. Des envies de haine, des envies de violence, il avait envie de tout détruire, c’était étrange, le monstre reprenait le dessus sur lui lorsqu’il se sentait triste et si vulnérable.

Et puis le monstre prit la fuite lorsque Bill entendit derrière lui la voix d’Ephemera. Etrange comme Ephemera l’avait fait fuir soudain se monstre, ne laissant face au maître qu’un petit Bill Dolohov bien inoffensif… Bill s’était alors demandé depuis quand Ephemera était là mais une fois du plus Ephemera avait deviné sa question. Bill s’était relevé, avait remis ses chaussures et avait suivi le maître afin de continuer ce qu’ils avaient commencé dans la matinée.

Et puis, vers vingt heures, Bill et Ephemera partageait un repas dans le silence le plus total, Bill plongé encore dans ce qu’il avait appris avec Ephemera, défaisant encore des nœuds tortueux. Car il fallait dire que ça le travaillait encore, et Bill était sur le point de comprendre enfin, restant à peine encore la dernière équation, qu’arriva soudain Ebène, lui faisait alors oublier tous son édifice. Perdu… Il avait perdu le fil de ses pensées, son fils directeur grâce à lequel il était sur le point d’enfin comprendre le pourquoi du comment de ce que lui avait appris Ephemera. Il gronda intérieurement même s’il savait que ce n’était pas une grande perte. Il soupira silencieusement et daigna écouter ce qui semblait avoir bouleversé Ephemera. Quoi ? Severus Rogue ? Vivant ? Au ministère ? Mais ça faisait des siècles qu’il était au courant ! Bon d’accord il abusait lorsqu’il songeait à des siècles mais bon… Il n’avait pas songé que la nouvelle aurait tant bouleversé son maître de médicomagie, sans quoi il l’en aurait informé plus tôt. Mais bon maintenant que c’était fait, Bill n’allait pas dire qu’il le savait déjà, de peur de se faire égorgé par Ephemera pour avoir garder le silence… Quoiqu’il voyait mal Ephemera l’égorger…

Mieux valait ne pas s’abandonner dans des eaux tumultueuse… Faisons comme tout le monde, prenons le train en marche, comme s’il ne savait rien… Quoique… Ebéne savait qu’il ne savait pas rien (roh elle est tordue ma phrase ^^). Enfin qu’importe, elle semblait déjà dans un bien drôle d’état pour penser à cela de toutes évidences. Alors Bill fit ce qu’on lui disait, alla dans la chambre qu’Ephemera lui avait concédée et où Bill rangeait bon nombre de ses affaires, surtout des livres. La dite chambre était plongée dans l’obscurité. Il fallait dire que la nuit était tombée et que les lourds rideaux de la grande fenêtre étaient clos. Bill dut recourir à un sortilège pour pouvoir voir clair dans la chambre et y trouver une cape de sortie aussi rapidement que possible. Mieux valait ne pas trainer. Refermant soigneusement la porte de la chambre, Bill redescendit au dit lieu de rendez vous, regardant ses deux aînés terminer une troussé de médecine. Puis il les suivit dans le parc enneigé. Il fallait dire que la propriété du Maître n’était pas petite… Et c’était un bel euphémisme. Mais lorsqu’Ephemera annonça qu’ils transplanneraient, Bill fit de gros yeux. Bon d’accord, ça faisait un an qu’il avait son permis mais… Il avait toujours horreur de ça et… Trop tard, Ebène et le Maître avaient transplané… Résigné, Bill transplana à son tour et débarqua à Londres.

Et Bill suivit Ephemera qui lui-même suivait une femme nommé Ebéne que Bill ne connaissait que de visage te de nom à présent. Voyant comme elle se repérait parfaitement bien dans le Ministère, Bill en conclut qu’elle était auror. Car même lui, Bill, convoqué ici quasiment toutes les semaines depuis Juillet dernier, il arrivait encore à se perdre… Néanmoins, il y avait quelque peu de la panique dans ses yeux à être dans le Ministère. Il s’était même fait peur en se disant que peut-être qu’Ephemera l’amenait à l’abattoir… La paranoïa l’atteignait trop gravement. Pire encore lorsqu’ils les firent entrer dans une cellule, jusqu’à ce qu’il voit le visage de Severus Rogue. Ceci lui rappela enfin qu’il n’était pas ici pour se faire encore interroger, mais juste pour suivre le Maître qui allait soigner un prisonnier… Il fallait dire qu’à force d’être convoqué, les aurors commençaient à le terroriser de plus en plus…

Voyant Ebène s’assoir sur la table, Bill réagit enfin au fait qu’Ephemera leur avait fait signe de s’assoir. Bill prit donc l’une des deux chaises restantes, remonta ses talons sur le rebord, encercla ses jambes de ses bras et posa son menton sur ses genoux. Il regardait devant lui, en se demandant mentalement ce qu’il regardait exactement. Puis il réalisa qu’il fixait le mur, sans rien entendre autour de lui alors qu’Ebène lui proposa un bout de brownie. Bill secoua la tête pour se réveiller et accepta le gâteau qu’il commença à grignoter alors qu’il vit son ancien professeur de DCFM en sixième année puis ancien directeur en septième année se réveiller doucement.

C’était étrange de le voir si… Faible en fait. C’était le mot. Bill ne l’avait pas spécialement connu, il fut juste son professeur d’un temps d’une matière qu’il semblé vénérer même si Bill n’avait jamais su savoir ce qui plaisait à Rogue dans cette matière : les forces du Mal ou la défense… En fait, ça restait une bonne question qu’il n’avait pas eu le temps d’élucider. Il fallait dire que Bill avait beau être un bon élève à Poudlard, durant les cours il n’avait d’yeux que pour Katherine. Il n’écoutait que vaguement les cours…. Et le pire, c’était qu’il avait réussi à passer en septième année en écoutant presque rien du cours. Et puis l’année des ASPIC, Bill n’avait croisé que peu son directeur qui semblait bien préoccupé en ces heures sombres. Ce fut la seule année où Bill put à nouveau vivre avec son père, à visage découvert, pour ainsi dire. Car Antonin Dolohov, fidèle mangemort pouvait enfin se montrer en public. Et ce fut une bien étrange chose que de retrouver un père soudain, de pouvoir en parler avec les autres… Juste le simple fait de pouvoir dire qu’il avait un père fut un vrai bouleversement pour lui.

Bref, pour ainsi dire, Bill n’avait croisé que quelques fois son directeur dans le château… Y compris une malheureuse fois où il était en train de faire monter Kath au septième ciel et que ce cher Severus avait débarqué avant qu’ils ne finissent tranquillement ! Bref, Kath collée, Bill renvoyé pendant quelques jours… GE-NI-AL ! Bref, inutile de ressortir les vieilles rancunes, Severus semblait déjà suffisamment mal en point pour que le Serpentard qu’il était ne joue les mauvaises langues et crache son venin. C’était déjà oublié en fait. Qu’importe, c’était du passé… Kath aussi c’était du passé… Même si s’était plus facile à dire qu’à faire… Non, vraiment ce n’était pas le bon moment…

Alors le directeur ouvrait les yeux, enfin… Après un gros dodo, le veinard ! (loool^^) Alors que lui Bill s’était tapé un marchage dans la neige ! Un transplanage pourri ! Une course dans un endroit qu’il haïssait ! Et ça pour qui ! Severus Rogue ! Ah non… Ephemera… Sa colère se calma soudain… Même si ce n’était pas vraiment de la colère mais les caprices de l’enfant gâté qu’il était… Bon d’accord, il abusait…
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Ebene Graymes
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Dim 9 Nov - 18:06

Elle détestait les cellules du ministère. D'abord, elles n'étaient pas très grandes, et lorsqu'on s'y retrouvait confiné à quatre, on avait vite chaud. Trop chaud... aaah, mais quelle idiote! Pourquoi est-ce qu'elle avait mis un pull over et une veste en cuir, déjà? Ah ouais... parce que dehors il faisait froid, il avait neigé même, et qu'on était en février! C'est vrai qu'en y repensant, la raison n'était pas franchement stupide, pas du tout même. Une raison à la Graymes, autrement dit. Enfin, Merlin, il faudrait qu'elle trouve une solution capable de remédier à ce problème de température ambiante, parce que là la pauvre Eby était bien partie pour se retrouver joliment cuite... ce qui n'était pas vraiment dans ses intentions principales aujourd'hui. Aussi, la demoiselle hésita longuement avant de changer son pull over en un débardeur, et son pantalon de cuir en un pantalon de toile simple. Au moins, comme ça, elle ne risquait pas de mourir de chaud comme un vulgaire roti!

Et dire que dans son sac à main, il y avait pleiin de gâteaux... et qu'elle commençait à avoir faim! C'est vrai quoi, elle n'a encore rien avalé depuis... euh... deux heures? Autrement dit longtemps, quoi! Elle ouvrit donc son sac et y prit un sachet, lequel contenait déjà quelques browines, cookies, et autres. Bah oui, que voulez-vous, la pauvre Ebie pouvait bien avoir faim de temps à autres, pire, se montrer gourmande de temps à autres, voire même souvent d'ailleurs! Donc, ses petits doigts fins et blancs se glissèrent dans le sachet prévu à cet effet, autrement dit le sachet de gâteaux, et en extrayèrent alors un: un brownie. Oh chouette, elle qui voulait du chocolat, la voici servie! Sans oublier d'en offrir un morceau au jeune appreneti nommé Dolohov (apprenti qu'elle avait à se farcir de près ou de loin quasiment 24h/24, ce qui n'était pas trop pour la réjouir d'ailleurs) qui était assis à côté d'elle. Tant qu'à faire passer le temps, autant le faire avec un peu de nourriture et beaucoup de réflexions intenses! Encore un peu, et ça pourrait vraiment faire l'effet cinéma moldu. Chouette non? Euh non, pas si chouette que ça, à voir le film qui passait...

Un film des plus désagréables aux yeux de l'auror, en vérité. Le film dans lequel la spectatrice voyait son propre frère, pas du tout acteur au passage, souffrir le martyre, profondément endormi, malade, ou plus exactement dans un état peu brillant, voire même lamentable, une grimace douloureuse et crispée sur son visage cireux et amaigri. Le spectacle qui lui semblait plus cruel que tout ce à quoi elle avait pu déjà assister, peut-être même y compris au séjour à Azkaban de Severus, pendant lequel elle était venue le voir quelques fois, avec Ephemera. Là, il allait peut-être très mal, pour ne pas dire aussi mal qu'ici, mais il y avait encore dans ses yeux de l'espoir... alors que présentement, l'espoir semblait avoir mis les voiles du regard si noir de Severus Rogue. Ce devait être le pire, le savoir si désespéré... pire encore que de le voir boîter, pire encore que de le voir souffrir, le voir perdre tout espoir atteignait le plus l'auror, qui peinait terriblement à éviter de le montrer aux autres. Mais elle devait garder leur relation secrète, leurs réputations respectives ne pouvaient se permettre ce genre d'écart peu propice. Pourtant, parfois elle avait un mal fou à ne pas se montrer ouvertement la soeur de Severus Rogue... et peu de gens étaient au courant.

Tout en mangeant, Ebene Graymes tentait de se montrer la plus distante possible. Ne pas trop se montrer maternelle avec son frère de coeur, pas maintenant du moins. D'abord, parce qu'elle n'était pas censée être une maman de procuration, mais bien un auror de garde. Ensuite, parce qu'il y avait le fils Dolohov dans la place. Et troisièmement, parce qu'elle risquait fortement, très fortement même, de le réveiller, ce qui n'était vraiment pas une bonne idée, au final. Surtout quand on savait dans quel état il avait été avant qu'elle ne quitte la place, autrement dit: pas brillant du tout. Pourtant, la tentation de se lever et de s'asseoir sur le bord de ce lit impersonnel, si différent de celui de Spinner's End ou de Leicester, était plus que présente... Si seulement elle y cédait? Un tout tout petit peu.... allez... NON! Ne pas se montrer maternelle, on a dit, ne pas se montrer fraternelle non plus tant qu'on y est, se montrer normale, froide, distante, glaciale, polaire. Ne fût-ce que pour Severus et pour elle...

Ebene se calma les nerfs de son mieux, et posa à nouveau son regard sur le visage qui émergeait à peine de cet amas de couvertures et de couettes blanches, visage encadré d'un rideau de cheveux noirs et poisseux, visage aux traits crispés et tristes. Et elle se laissa à nouveau emporter dans ses réflexions amères concernant Severus, la concernant elle-même, les concernant tous deux... certes, elle n'attendait qu'une seule chose: qu'il ouvre les yeux, au plus vite, qu'il la débarrasse de cette "corvée", si on peut appeler ça ainsi, de le visiter chaque jour, de voir son état si lamentable, ses yeux si désespérés, de l'entendre dire qu'il aurait préféré mourir que de vivre ainsi, de pleurer ensuite parce qu'il ne voulait pas admettre que tout irait mieux, que son procès serait équitable, qu'enfin il serait reconnu à sa jsute valeur... Elle ne savait que trop bien qu'il était pessimiste, malheureusement, mais elle s'efforçait de lui faire admettre, avec toute la persuasion dont elle était capable en tant que soeur, en tant qu'amie, en tant que soutien, en tant que mère de substitution même par moments, que malgré tout ce qu'il pouvait présentement croire, la situation s'arrangerait. Mais vous connaissez Severus Rogue, n'est-ce pas, vous savez bien que quand il déchante, c'est pour la vie ou presque! Alors, elle galérait de plus en plus... Et s'impatientait: plus vite il serait réveillé, moins elle se déchirerait le coeur en le voyant ainsi, et mieux ce serait pour sa santé mentale. Même si ça devait être terriblement cruel, de penser cela, elle n'avait pas trop le choix...

Son voeu finit par s'exaucer, peu à peu, lentement même, calmement, en prenant bien son temps, mais il finit par se réaliser, lorsqu'elle remarqua enfin, un morceau de brownie en bouche et l'air un peu perdu, que Severus ouvrait enfin les yeux... enfin, au sens figuré. Pour l'instnat, ses paupières étaient toujours fermées, mais déjà il s'agitait dans son sommeil, remuait faiblement, et elle devinait aisément que ces mouvement incoordonés du réveil devaient être très douloureux pour lui qui souffrait tatn de ses muscles et de sa faiblesse généralisée, rien qu'à la grimace qui à nouveau ornait les traits fins et pâles du Maître des Potions. Un sourire triste fleurit sur ses lèvres, et elle voulut se lever, avant d'y renoncer: elle viendrait le saluer lorsqu'il se serait totalement réveillé, voilà tout! Ephemera, quant à lui, n'avait pas franchement attendu tous ces moments là, et avait déjà posé une main sur l'épaule frêle de Severus. S'il n'avait pas été un vieux médicomage sûr de ce qu'il faisait, ça aurait déjà fait un bail que notre petite Ebene se serait levée outrée et lui aurait hurlé dessus, comme quoi il risquait de faire du mal à son, oui, vous avez bien entendu, son protégé! Mais ça, que voulez-vous, c'était tout Ebene Graymes, et nul ne la changerait à priori...

Les yeux de Severus s'ouvrirent doucement, tandis qu'elle continuait à appréhender le moment fatidique où ils échangeraient leurs regards. Tout, plutôt que de le voir souffrir ainsi et ne rien pouvoir faire! Son côté Gryffondor se rebellait en elle, lui disait de se bouger les fesses, que c'était à elle de souffrir, que'lle préférerait encore être à sa place. Ce dont son côté Serpentard doutait plus que fortement, d'ialleurs, mais pour l'instant, ce côté serpy se la mettait en sourdine, heureusement pour lui, parce que sinon la mauvaise réaction d'Ebene était plus qu'à prévoir. Elle attendit que Severus puisse garder quelques instants les yeux ouverts sans les fermer avant de lui sourire plus amplement. Masquer son air triste. C'était la première chose à faire dans ce genre de situation, se montrer maternelle, douce, souriante, consolatrice du moins. Masquer au mieux ses véritables émotions, ses véritables sentiments, ne pas lui montrer qu'elle souffrait énormément, moralement du moins, de le voir dans cet état précaire. Se montrer calme, tranquille, cajoleuse, espiègle, taquine. Pas de tristesse. Pour la première fois de sa vie, Ebene se retrouvait confrontée à la difficulté de l'occlumencie, si on pouvait comparer ses efforts pour cacher ses émotions sous un masque de fausse joie et de faux airs maternels spécialement créés par elle. Certes, elle ne pouvait pas cacher ses pensées sous des barrièers mentales, l'expérience avait à maintes reprises qu'elle n'avait, contrairement au reste de sa famille, aussi bien de coeur que biologique, aucun don dans les arts de l'esprit. Ses dons à elle étaient dans la métamorphose et les autres arts magiques nécéssitant une baguette en général... et aussi dans les arts sombres, mais ça c'était génétique, semblerait-il... enfin bref.

Le moment fatidique du regard venait d'arriver. Moment fatidique pour elle et douloureux pour lui, si elle en croyait son gémissement étouffé. En un bon, elle se jeta au bas de la table sur laquelle elle était assise, et se précipita à son chevet, inquiète pour un rien comme toujours (il prenait toujours plaisir à lui reprocher ce genre d'attitudes), caressant ses cheveux d'une main, assise au bord du lit, presque face à Ephemera. Soucieuse de ne pas le blesser inutilement, aussi bien physiqueemnt que moralement, elle n'osa pas trop le toucher, réfrénant ainsi ses ardeurs presque maternelles. Ne pas faire de bêtise, c'était préférable, grandement préférable même, dans sa situation. Se montrer patiente. Aussi bien envers lui qu'envers elle-même d'ailleurs, songea la demoiselle en le voyant éloigner son regard encore embué de sommeil de son visage souriant à la manière d'une poupée de porcelaine, ce à quoi elle ressemblait tant à en croire certains, et tourner ses yeux noirs vers Ephemera, assis à son chevet. Il y avait mille et une raisons de craindre une mauvaise réaction de la part de Severus, et pourtant il n'y en eut pas. Il n'y eut que l'étonnement dans se yeux, tandis qu'Ephemera gardait le sourire, restant éternellement le bon vieux maître de magie, et continuait à couver son ancien apprenti de son regard vert émeraude, brillant. Un regard qui ressemblait tant, excepté sa couleur, à celui d'Albus Dumbledore, au fond...


Bonsoir, Severus..., fit il simplement, gentiment, sans la moindre once de reproche ou de méchanceté dans sa voix. Mais n'avais-je déjà pas précisé que le maître de magie ici présent était d'une patience et d'une attitude zen à toute épreuve? Si, il me semble, donc, considérez cela comme normal.

Pendant ce temps, Ebene, pareille à elle-même, et surtout ne semblant pas trop perdre le nord, avait déjà sorti une fiole de potion analgésique et, soulevant précautionneusement la tête de Severus, lui en fit avaler le contenu. Sans l'étouffer avec le liquide, bien entendu! Ensuite, la petite médicomage en herbe (mais pas si nulle que ça, elle avait tout de même un diplôme de base, hein!) ôtait le pansement qui recouvrait la plaie causée par le serpent de Voldemort, et appliquait à nouveau un onguent dessus. Le même que la dernière fois. Inutile de changer une recette qui marche, surtout dans ce cas là, n'set-ce pas? La jeune femme pansa à nouveau la blessure, caressa la joue de Severus avant de se rendre compte de sa bêtise. Et miince, Dolohov risquait de l'avoir vue! Il faudrait qu'elle pense à effacer sa mémoire, sinon, sa réputation à elle allait en pâtir...A moins qu'elle ne parvienne à soumettre l'ancien Serpentard au silence... elle devait vraiment avoir honte d'elle! C'était incroyable, ça, se montrer aussi insouciante! Si Severus pouvait lui hurler dessus (ce dont elle doutait vu son état), nul doute qu'il ne ferait sans hésiter, et que ce serait mérité!



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Severus Rogue
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Mar 11 Nov - 17:09

Ce regard, ce sourire, si semblable, si différent pourtant. Et si patient, si... si accueillant. Et cette voix, si calme, si paisible, si bienveillante même. Pas une once de reproche, pas une once de déception, pas une once de colère même... Etrange, c'était bien le seul mot qui venait à l'esprit de Severus pour l'heure, tandis que ses obsidiennes ne pouvaient se détacher des perles poison de son ancien maître de magie. Non, décidément non, il ne comprenait pas le vieil homme. il aurait dû être en colère, lui en vouloir, lui reprocher tant de choses, à commencer par la mort de son vieil ami... Alors pourquoi donc ce regard par Merlin?

Et soudain une idée saugrenue vint à l'esprit du jeune maître des potions, plus si jeune que ça, si l'on considérait qu'il frôlait la quarantaine maintenant. La seule explication plausible de cette présence ici était que le vieil homme était là en tant que médicomage et non en tant que maître de magie ou tout autre chose qui aurait pu passer à l'esprit torturé de Severus.... Et donc, en bon médicomage, le vieil homme ne pouvait respirer que bonhomie et bienveillance, n'est-ce pas? Mais nul doute qu'il n'en était rien au fond, et qu'une fois son rôle de médicomage fini, les reproches et autres effusions de rage et de déception colérique allaient fuser trés rapidement, pour mieux venger la mort, ou plutôt l’assassinat de son ami de toujours, nommé Albus Dumbledore...


- Bonsoir médicomage, fit-il alors d'un air morne et d'une voix rauque, d'avoir trop longtemps garder le silence.

L'appellation médicomage servant bien entendu à faire comprendre qu'il n'était pas dupe et qu'il avait parfaitement compris pourquoi Ephemera était là exactement. Pour accomplir son devoir, tout simplement, ni plus ni moins. Son devoir de médicomage. En espérant, pensa soudain Severus, qu’il n’aurait pas ensuite à accomplir son devoir de membre du Magenmagot... Ephemera était-il encore du Magenmagot? Faites... faites que non, souffla une petite voix limite paniquée dans l’esprit de l’ancien espion. Faites que non.. Ou il risquait de ne pas y survivre, de ne pas le supporter... Être jugé par lui, par cet homme, qui avait si souvent été à ses côtés, et qui lui avait tant appris, tant donné? Être jugé par lui, par cet homme qu’il avait dû tant décevoir et à qui il avait arraché son plus vieil ami? Non, Merlin non, faites que non, qu’Ephemera ne soit plus du Magenmagot, et surtout, surtout, qu’il ne soit pas de son procès...

Qu'était-ce cette soudaine lueur qu'il venait d'entre-apercevoir dans le regard du vieil homme? De... de la peine? Non... N'est-ce pas? Ce ne pouvait être... Et aussitôt Severus s'empressa de chasser cette idée qui n'avait pas lieu d'être. Mais avant même qu’il ait le temps de mieux approfondir cette possible question, il sentit quelqu’un lui soulever précautionneusement la tête et lui faire avaler une potion. Ebène, bien entendu. Il se laissa donc faire. De toute façon au point où il en était, cela ne pouvait être pire, alors... Et trés rapidement ses anciens sens de maître des potions reprirent le dessus alors que le goût aigre et amer de la potion lui chatouillait les papilles. Potion analgésique, identifia-t-il rapidement. Une potion qui déjà s’insinuait dans son corps et commençait à faire effet. Bien plus efficace en tout cas que les remèdes moldus dont il avait usé jusqu’à maintenant...

Ebène s’attaqua ensuite à sa blessure, cette fameuse blessure causée par ce maudit Nagini de malheur... Comme la veille, ses gestes étaient empreints d’une tendresse et d’une délicatesse presque révérencieuse, comme si elle manipulait quelque chose de précieux, ce qui ne manqua pas de toucher Severus, malgré tout ce qu’il pouvait chercher à nier. Pendant un bref instant, alors qu’elle lui appliquait l’onguent avec une application extrême, il eut l’impression qu’ils étaient seuls, là, tous deux, dans cette étroite cellule, censée être cellule de luxe, et il ne put détacher son regard d’elle. Ce ne fut que quand elle lui remit un pansement, tout en lui prodiguant une douce caresse sur la joue, qu’il revint lui-même à un semblant de réalité. Et qu’il réalisa qu’ils n’étaient pas seuls...

Par Salazar! Et Dolohov qui avait tout vu! Mais que faisait donc ce gamin dans sa cellule, par tous les chaudrons bouillants?! Que faisait-il donc là? Il pouvait assurer, aussi sûrement que s’il devait réciter la recette d’une potion de première année, que le gamin n’était ni auror, ni brigadier, ni d’aucune autre section de sécurité du Ministère... Non pas que les autorités ministérielles soient d’une quelconque façon méfiantes au sujet d’un fils de Mangemort, de toute façon, bien évidemment, que Merlin les en garde, ironisa-t-il sans pouvoir s’en empêcher... Donc non, le garçon n’était pas là pour pouvoir garantir une quelconque sécurité au vieux fou qui était venu à son chevet. La sécurité du vieux mage avait sans doute été confiée plutôt à la jeune auror qui venait juste de lui prodiguer ces quelques soins. Alors pourquoi donc, que Salazar daigne lui répondre, le gamin était-il donc ici? Une visite de courtoisie peut-être pour lui donner le bonjour de son paternel? Ironie quand tu nous tient... Le père de Dolohov devait certainement soit croupir à Azkaban, soit se terre dans un trou en cherchant à échapper à la traque acharnée dont il faisait l’objet...Alors pour le bonjour, on repassera.

Severus darda encore un long moment le jeune homme de son regard noir perçant, comme s’il cherchait, en le scrutant ainsi, à trouver les réponses à ses questions... Réponses qui ne vinrent pas. A son plus grand malheur. Et n’y tenant plus, il se décida enfin à les poser à haute voix.


- Que faites-vous là?

La question était en fait adressée à Ephemera, bien que Severus n’avait pas osé croiser de nouveau le regard du vieil homme et qu’il ne le regardait pas. Il était bien décidé à fuir ses perles émeraudes aussi longtemps que cela lui serait possible.. et aussi longtemps qu’on ne l’obligerait pas à regarder le vieil homme en face.

- Et que fait-il là? Ajouta-t-il rapidement, en désignant d’un signe de tête le jeune ex-Serpentard qui les avait observé jusque-là d’un air semi-rêveur.

Aucune animosité particulière dans sa voix. pas encore... Juste... Juste son ton froid et glacial habituel, de ce ton qu’il usait quand il était professeur à Poudlard...



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Aleister Ephemera
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Lun 24 Nov - 1:58

Les yeux de Severus dardaient les siens, alors qu'il tentait de garder une apparence plus ou moins calme. Calme? Non, rassurez-vous, ce n'était pas aujourd'hui qu'il parviendrait à surpasser sa réputation, donc auterment dit ce n'était pas encore aujourd'hui qu'il piquerait une colère. Non, le temps de la colère, le temps où lui et ele ne feraient plus qu'un, n'était pas arrivé et n'arriverait probablement pas de sitôt, loin de là, très loin de là même! Aleister veillerait d'ailleurs à ce que ce temps n'arrive jamais: il détestait se mettre en colère, ou plutôt il haïssait se mettre en colère, trouvant ce genre d'attitudes particulièrement imprudentes et idiotes pour un homme de son âge. Hé oui, il n'était plus jeune l'air de rien, il était même vieux aux yeux du reste du monde. Il était loin, le temps où il était un auror sans barbe, aux cheveux bruns et longs, au visage lisse, aux attitudes presque chevalières et aux airs arrogants. Il avait bien changé, passant du prince au vieillard en un siècle d'existence environ. Un siècle qui avait vu le monde sorcier évoluer à une vitesse extraordinaire, un monde sorcier qui avait, lui semblait-il perdu pas mal et gagné beaucoup... un monde qui avait changé. Donc, il tentait de garder son calme.... mais pourquoi donc? S'il n'avait pas de raison de pêter la totalité des plombs sur Severus, pourquoi devait-il garder son calme? Tiens, bonne question ça... certes, il s'était inquiété pour son protégé, et s'inquiétait encore plus depuis qu'il avait entendu sa chère Ebene lui faire un compte rendu plus ou moins précis de tout ce qu'il avait reçu en cadeau depuis sa morsure de la part de Nagini. Mais pourquoi garder son calme, donc? Pour taire son inquiétude, peut-être, mais pas seulement... question existencielle pour le vieux maître de magie, on dirait bien...

Il regardait les yeux noirs de son ancien protégé, sourire aux lèvres, un sourire très fin certes, mais un sourire tout de même. Ne pas trop sourire. Pas trop peu non plus, certes, mais pas trop... il ne fallait pas qu'(il ait l'air de protéger Severus, mais pas non plus qu'il soit froid comme un iceberg. Tout l'art du président-sorcier du magenmagot qu'il n'était pas vraiment, mais bon, que voulez-vous, on s'adapte à tout dans la vie! Et puis, Bartemius Croupton avait eu à juger son propre fils, alors disons que juger son apprenti... c'était possiblement un cran moins pire. Enfin, c'était tout de même pas du tout agréable, hein, faut pas croire! Surtout pour lui, et encore plus pour sa fille, par exemple.... enfin, sa fille adoptive. Ebene aurait certes encore plusd étesté que lui être à sa place. Mais, ne pas trop pesner à cela pour l'instant. Le moment fatidique arriverait assez rapidement de lui-même pour que tout soit assez désagréable comem cela, faut pas croire: Donc, penser à autre chose et se concentrer sur sa mission du soir présent: examiner Severus, lui donner quelques soins en attendant le lendemain probablement. Moui, parce qu'un traitement, c'était toujours mieux à son sens de le donner matin et soir, bien régulièrement; et de commencer le matin après un solide repas. Histoire de ne pas avoir le ventre creux lors de la prise de la potion...

Severus le salua. Froidement, bizarrement, étrangement, d'une manière qui ne lui était en tout cas pas vraiment familière, qui ne leur était pas familière lorsqu'ils étaient entre eux. Pourquoi il agissait subitement ainsi, Aleister l'ignorait, mais avait déjà quelques soupçons... soupçons sur Albus plus que sur son ancien apprenti, d'ailleurs. Il soupçonnait en effet son ancien ami d'avoir comme qui dirait...euh... caché certaines parties de la vérité à son professeur de potions et directeur de Serpentard. Il ne savait que trop bien que parfois, Albus avait la fâcheuse tendance à masquer quelques petites parties de la vérité aux autres... et s'il avait caché à Severus qu'il l'avait mis au courant de tout concernant son meurtre assisté, si l'on peut parler ainsi, ainsi qu'Ebene d'ailleurs (bien que ce soit lui, Ephemera, qui ait tout dit à sa fille de coeur, l'on peut aisément supposer lorsqu'on est quelqu'un d'aussi intelligent que Albus Dumbledore, que son meilleur ami en parlerait à la soeur de coeur (et par la même occasion sa fille) d'un des deux principaux concernés, non? Enfin, c'était à espérer! Sinon,j il ne donnait pas vraiment très cher du cerveau autrefois génial de son si cher ami directeur de Poudlard!


Bonsoir, Severus...

Il était maintenant temps pour lui de passer aux choses sérieuses, j'ai nommé la médicomagie, et donc de faire quelques petits trucs à son ancien protégé. Inutile de trop lui parler du cas de Dumbledore pour l'instant, il est plutôt utile de passer aux aspects médicomagiques de la chose... après, ils auraient tout le temps pour parler d'un ami commun décédé, et même devant la totalité du magenmagot! Alors, que dire d'autre à ce sujet lorsqu'il n'y avait rien à dire? Mais il remarqua qu'il se faisait décidément bien vieux... puisque Ebene avait pris les devants, donnant déjà à son frère de coeur une potion analgésique, avant de soigner sa plaie au niveau du cou. Le vieux médicomage porta un regard plus que professionel sur la blessure, en tira quelques conclusions rapides. A traiter demain, tout ça... et surtout,f aire des analyses de sang pour savoir s'il avait encore des traces de poison dans le sang. La prise de sang était donc à prévoir... plus les test magiques par la suite. Il resta un instant attendri à voir ses deux "enfants", s'il pouvait seulement parler ainsi, avant que Severus ne sorte de sa rêverie et ne lui demande, même si relativement implicitement, ce qu'il pouvait bien faire ici. Question à laquelle il s'empressa tout de même de répondre...

Je suis ici pour... plusieurs choses. La première, vous soigner. La seconde, vous parler, et la troisième: assurer votre jugement dès que vous serez en état de comparaître, Severus...

Ebene ne lui laissa pas le temps d'achever, qu'elle prenait déjà le relais. Certes, elle savait qu'elle se montrait relativement impolie à l'égard de son maître de magie, mais voilà, pas trop le choix. c'était ça ou Severus mort d'angoisse avant la fin de la phrase, ce qui n'était évidemment pas du tout à désirer... vu l'était dans lequel il était déjà...

Maître Ephemera s'occupera de ton procès... tu ne pourrais pas rêver d'avoir un juge plus impartial...et il sait, comme je sais, pour Dumbledore... t'inquiète pas... Elle s'autorisa même à faire un clin d'oeil à Severus.

En effet. Et M. Bill Dolohov est mon nouvel apprenti en médicomagie.
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Jeu 18 Déc - 5:23

Mouais, c'était bien ce qu'il pensait. Le vieux fou, devenu numéro un depuis la mort d'un autre vieux fou, était venu lui rendre visite dans sa si belle cellule ministérielle, uniquement pour accomplir son satané devoir de médicomage. Ou pas, rectifia-t-il rapidement mentalement, quand le dit médicomage rajouta être venu aussi pour lui parler et pour assurer son jugement. Arf, donc ce n'était pas une farce, Ephemera était bel et bien Président du Magenmagot pour son jugement, et allait donc devoir le juger, lui, l'assassin de son meilleur ami, et secondairement son apprenti. Merlin, dans quelle panade était-il encore fourré? Pourquoi donc le destin, ou Merlin seul savait qui d'autre, s'acharnait ainsi contre lui? Oui, s'acharnait, car devoir être jugé n'était déjà en rien bien agréable, surtout lorsqu'on songeait que tout l'accusait, malgré ce qu'il avait réellement tenté d'accomplir dans l'ombre, mais en plus être jugé par son ancien maître de magie, donc quelqu'un envers qui il n'était pas si indifférent qu'il voulait bien le laisser croire... Un cauchemar, oui, vous avez bien cerné la situation...

Et avant même qu'Ephemera ait pu finir sa phrase, Severus se mit à pâlir considérablement, passant de pâleur cadavérique à pâleur mortellement cadavérique, si tant est qu'il y ait une réelle différence entre les deux. Bref, le peu de couleurs qui avaient pu habiter son visage quelques instants plus tôt venaient de se faire la malle, balais en main, plus vite qu'il n'en faut pour dire Quidditch. Ebène dut d'ailleurs s'en apercevoir car aussitôt, elle s'empressa d'intervenir, coupant presque la parole à son pourtant si respecté maître de magie et ancien tuteur par la même occasion. Pas rêvé mieux? Juge impartial? Arf... était-elle encore saine d'esprit? Certes, il savait Ephemera plus que consciencieux et très respectueux de ses responsabilités pour tenter de rester le plus impartial possible... Mais par Salazar, on parlait du procès du tueur de son meilleur ami là! Qui, même aussi consciencieux que possible, pouvait encore rester impartial dans ces conditions? Pour lui, c'était tout bonnement inconcevable. Ephemera était humain après tout. Humain... avec tout ce que cela signifiait et avec tout l'affect dont pouvaient faire preuve les Gryffondors, aussi vieux et sages soient -ils...

Heu.. Que venait-elle de dire là? Non, il devait avoir mal entendu... Si? Elle avait bien dit ca? Elle savait pour Dumbledore? Et il savait, comme elle savait, pour Dumbledore Mais... que savaient-ils au juste concernant Dumbledore? Qu'il l'avait tué, soit disant en l'abatant lâchement comme Potter l'avait si bien crié haut et fort quelques mois plus tôt? Et c'était quoi ce clin d'oeil? Merlin, qu'on lui explique là, ou il sentait le malaise cardiaque revenir au galop. D'ailleurs les battements effrénés de son coeur avaient intérêt à se calmer vite fait, ou il ne garantissait pas que la machinerie tienne le coup très longtemps. C'est qu'il battait fort ce coeur, mine de rien. Comme s'il cherchait à filer hors de cette cage thoracique un peu trop maigre à son goût...

Ah, au moins un truc qu'il comprenait. Le gamin était là en tant qu'apprenti... Heureusement apprenti en médicomagie. Entendre qu'Ephemera avait repris un autre apprenti ne l'enchantait guère. Encore heureux qu'il s'agisse d'un apprenti en médicomagie, car s'il s'était agi d'un apprenti en potions, nul doute que son impression qu'on le remplaçait sitôt disparu aurait été bien plus forte et incontrôlable encore... Allez savoir comme il aurait alors été capable de réagir! Lui-même n'aurait su dire. Déjà qu'il n'en menait pas large et qu'il sentait le peu de chaleur qui l'habitait et le peu de vigueur qui l'animait le quitter, alors, imaginez si on lui annonçait un autre concurrent en apprentissage de potions. Certes, me direz-vous, il avait fini son apprentissage en la matière depuis bien longtemps. Mais quand même. Ephemera était son maître de magie en potions à lui, un point c'était tout. Possessif dites-vous? Moui, un peu. Beaucoup même. Tout Rogue quoi.

Bref, inutile de tergiverser sur ce problème "nouvel apprenti' pour l'heure. Du moment que le morveux, à qui il jeta au passage un regard torve et mesquinement assassin, ne l'approchait pas, il n'y avait rien à craindre. Si ce n'est un de ses si célèbres coups de sang dont seul lui avait le secret. Mais pour tout dire, à l'instant, il ne se sentait pas en état, mais alors pas du tout du tout, de se mettre en pareille colère. Trop... Trop las, trop épuisé. Et pourtant il n'avait rien fait! Rien! Il était même encore couché! Misère de misère... Qu'on l'achève...

Quoique non. Pas là, pas devant Ephemera peut-être... D'ailleurs il n'allait pas se laisser abattre par ce petit malaise, n'est-ce pas? Surtout pas devant ce petit morveux qui voulait prendre sa place. Il allait lui prouver que Rogue était encore là, vivant, et qu'on ne prenait pas sa place si facilement, tiens! Et comme pour mieux mettre en application ses pensées, il repoussa doucement Ebène, qui était encore à son chevet, et se redressa, lentement, trés lentement, tentant de chasser le soudain vacillement qui le submergeait, pour enfin réussir à s'asseoir... Puis, rassemblant toutes les forces qu'il pouvait encore sentir mugir en lui, il bascula lentement, de mouvements quelque peu raides, ses jambes sur le côté, peinant à plier un tant soit peu sa patte folle d'ailleurs, pour s'asseoir plus dignement, en laissant pendre ses jambes par dessus le rebord du lit, comme s'il était prêt à se lever. Ce qu'il n'était pas du tout du tout prêt en fait, vu la façon dont le monde tournait dangereusement soudain...

D'ailleurs, il dut baisser la tête et fermer les yeux pour chasser ce brusque malaise, plus violent encore que d'ordinaire, certainement accentué par toute la tension de ces dernières heures. Merlin! Qu'on l'achève, ou qu'on lui redonne sa dignité, mais pas ce semblant de vie, ou de non vie était-il tenté de dire. Faible, mettant des heures chaque matin pour se lever et s'apprêter correctement, mal partout, dans ses muscles et dans son âme, boitant de cette démarche disgracieuse, et atteint de cracmolite aigue pour parfaire le tout! Une honte! Une honte dont il se serait bien passé, si ca n'avait tenu qu'à lui! Comme il aurait aimé qu'on le laisse mourir, purement et simplement, après la morsure de Nagini! Qu'il en voulait alors à cet homme, non homme en fait, ce Lancaster! Maudit, il était maudit. Il en aurait hurlé de rage à cet instant, s'il en avait eu la force. Mais voilà, de force il n'en avait que trés peu et les économisait pour éviter de s'écrouler lamentablement devant Ephemera...


- Il aura lieu quand? Parvint-il à croasser, en articulant à demi les mots, tant ses dents étaient serrées de rage et d'impuissance.

Le "il" se référant bien entendu à son procès. Il n'avait certes pas précisé, mais il jugeait Ephemera suffisamment intelligent pour comprendre où il voulait en venir...



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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Sam 20 Déc - 1:01

Dire que son frère ne la rassurait pas du tout, c'était encore trop doux pour décrire la réalité. Elle tremblait presque à l'idée de le voir refaire une crise cardiaque ou toute autre chose du même genre, comme il l'avait fait la fois précédente dans cette cellule sous ses yeux. La seule différence avec maintenant, c'est qu'au moins il y avait Maître dans la place, et que donc si quelque chose de grave arrivait, il pourrait au moins intervenir. C'était déjà quelque chose de plus ou moins rassurant n'est-ce pas? Enfin, façon de parler n'est-ce pas?

Pourtant, lorsqu'elle voyait Severus pâlir autant que cela, elle ne pouvait pas s'empêcher de trembler comme une feuille à l'idée que quelque chose de grave puisse arriver, ou autre chose du même genre... elle voyait les couleurs disparaître du visage tant adoré de son si cher petit frère de coeur, et ne pouvait pas s'empêcher de penser que quelque chose de grave pouvait arriver à tout moment... il était si pâle, Merlin, et si faible depuis qu'elle l'avait retrouvé, ou plutôt que Tia et Cardwell l'avaient retrouvé et qu'elle avait été là à la réception. Elle ne pouvait pas non plus s'empêcher de trembler encore lorsqu'elle l'avait vu inerte sur le plancher de la cellule, lorsqu'elle avait vu son corps si maigre, lorsqu'elle avait craint de le voir mort alors qu'il avait fait une crise cardiaque. Que voudriez-vous qu'elle fasse, d'un autre côté, hein? Elle avait réussi à le réanimer une fois, mais rien ne lui disait qu'elle pourrait recommencer le même coup une seconde fois n'est-ce pas? Et puis elle avait toujours été d'un naturel très protecteur à l'égard de son petit frère adoré, de ce petit frère pas si petit que ça en fait puisqu'il la dépassait et en taille et en âge (aussi bien physique que mental en fait), mais parfois si petit et puéril lorsque quelque chose de potentiellement catastrophique lui tombait sur la tête. Sa réaction était par alors normale. Elle réagissait comme si Severus était son petit garçon à protéger, quoi...

Mais il la repoussait. Oh, il n'y allait pas méchamment, hein, tout de même, il y mettait des précautions, il y allait doucement, il lui faisait comprendre qu'il ne voulait surtout pas la vexer, mais il la repoussait tout de même. Comment s'en étonner, Merlin, lorsque vous êtes à sa place? C'est vrai quoi, se faire materner par un auror devant le nouvel apprenti... devant Ephemera, ça ne comptait pas trop, il avait pris l'habitude à force de voir ce genre de scènes affectueuses pendant plus de dix-sept ans. Mais c'est vrai, le jeune Dolohov ne connaissait pas du tout (et c'est heureux) cette face là de la petite auror (petite en taille hein! pas en âge)... et que donc ça pouvait le surprendre. Enfin, c'était pas trop important...

Pourtant, elle restait derrière Severus, prête à intervenir et pas trop trop rassurée à voir son frère ainsi, toujours la main au même endroit, près de son dos, prête à le rattraper (quoiqu'il ne puisse pas chuter bien loin tout de même...). Sur la veine temporale de Severus, elle voyait le sang pulser... son coeur battait si vite... il lui faisait peur, là... mais elle s'efforça de rester tranquille, de contenir encore plus et le plus longtemps possible ses instincts maternels. De toute façon, elle savait bien qu'elle allait céder à un moment ou à un autre, alors... Qu'est-ce qui lui interdisait de céder un peu plus un peu moins? Rhoo.. non, ne pas penser à céder, Merlin, ce serait tout, mais alors tout sauf une bonne idée! Merlin, aidez-la, là... parce que comme qui dirait la petite miss n'était pas vraiment en état de tenir le coup longtemps, surtout quand elle voyait Rogue dans cet état là.

Ca lui rappelait tellement cette période sombre dans son histoire, période qui aurait dû être rose pourtant, comme elle l'avait été pour le reste du monde sorcier, cette période après la mort, ou plutôt la disparition, de Voldemort, cette période qu'il avait passée à Azkaban... quatre mois d'enfer pour lui. Un peu plus d'une demi année d'enfer pour elle environ... les premiers mois d'apathie presque totale... les quinze premiers jours de convalescence, ensuite, il avait repris les cours... sans y mettre son coeur d'ailleurs. A se demander même pourquoi il faisait ça... question qu'elle s'était longtemps posée d'ailleurs. Enfin, qu'importe! Ensuite, trois tentatives de suicide, mine de rien... la première, elle ne savait pas très bien ce qui s'était passé, tout ce qu'elle savait c'était qu'il avait passé quelques jours à l'infirmerie... la seconde, c'était elle qui l'avait vu... près d'avaler une bonne dizaine de fioles de potion de sommeil sans rêve. Heureusement, elle avait réussi à l'en empêcher, d'abord en brisant les fioles (il avait manqué la tuer par la même occasion... enfin, c'était trop tard pour ses fioles), et ensuite en prévenant le professeur Dumbledore. Et finalement, la troisième, la plus sanglante... celle où il s'était poignardé en plein ventre à la fin de l'année scolaire 1981-1982. Et les conséquences de cette dernière tentative de suicide restaient perpétuellement visibles, non seulement par une cicatrice sur l'abdomen de Severus, mais aussi par une autre cicatrice, celle là invisible, dans le coeur de notre petite miss... enfin, plus si petite que ça tout de même...

Mais passon ces mauvais souvenirs! Et demeurons plutôt dans le présent, c'est bien préférable! Tout ce qu'il y a à retenir, c'est qu'il est capable de tout et n'importe quoi, quitte à procéder à la moldue tant qu'on y est tant que son but est atteint. Ce qui était tout sauf rassurant pour Ebene, qui ne savait pas trop bien comment parer ce genre de tentatives. Car il lui semblait plus qu'évident, à le revoir ainsi comme presque dix-sept ans auparavant, qu'il n'avait qu'une seule envie: crever. Maintenant, fallait encore qu'il réussisse à se donner la mort... ce qui n'était pas gagné. D'ailleurs, en avait-il seulement envie?

Ebene, toujours soutenant très légèrement, et ce malgré les protestations muettes de son frère de coeur, empêchait le corps de celui-ci de s'effondrer dans le lit... ce qui n'aurait pas été très douloureux, mais bon... Donc, elle le soutenait encore du bout du doigts, lorsque monsieur eut l'idée la plus tordue de sa vie ou presque, j'entends par là la bonne, très bonne idée de se... lever. oui, vous avez bien entendu, se lever. Comme s'il n'était pas assez faible ainsi, il fallait encore qu'il abuse de ses forces... Elle se demandait pourquoi il agissait toujours de cette manière là, je veux dire: pourquoi est-ce qu'il était incapable de rester bien sagement au lit comme l'aurait fait un homme normal. Mais non, il fallait bien entendu que monsieur le professeur, ou plutôt l'ancien professeur, Severus Rogue, n'en fasse qu'à sa tête! Avec une moue totalement désapprobatrice, elle le vit se redresser tout doucement, échappant à l'étreinte de ses doigts pour mieux se sentir rattrapé à chaque fois qu'il se laissait un peu aller sous l'emprise de ses vertiges. Ebene eut un petit hochement de tête négatif en levant les yeux au ciel d'un air qui semblait dire 'il ne changera jamais, vraiment, celui là, c'est vraiment...énervant". Pourtant, elle ne le retint pas vraiment... si elle le retenait, elle ne savait que trop bien qu'il bouderait, comme il n'en avait que trop l'habitude d'ordinaire, et que de toute façon il ne se laisserait jamais faire. Elle eut pourtant un gros pincement au coeur lorsqu'elle le vit peiner à fléchir le genou gauche. Merlin... non mais c'est qu'il pouvait être vraiment inquiétant, celui là, quand il s'y mettait, c'est pas vrai, c'est pas possible, là! Elle allait finir par mourir de peur avant même qu'elle n'ait eu le temps de dire Quidditch, si ça continuait ainsi!

Severus parvint enfin à plier la jambe, et s'assit les jambes pendantes sur son lit, comme s'il était prêt à se lever. Elle espérait que cette lubie ne le prenne surtout pas... certes, elle serait en mesure de le retenir, sans la moindre difficulté même, mais bon... c'était jamais la joie, de devoir rattraper son propre petit frère, ou plutôt grand frère (tout dépend du moment) et de devoir le tenir attaché, ou presque, sur le lit pour l'empêcher de faire quelque bêtise dont il était, en enfant qu'il était, parfaitement capable. Heureusement pour lui comme pour elle, il ne semblait pas décidé à se lever, ce qui en soi était d'ailleurs une excellente nouvelle puisqu'il semblait au moins avoir réussi à comprendre où étaient les limites de son propre corps... à moins que ce ne soit ce fameux corps qui lui impose le fait de ne presque pas bouger? En effet, il venait de baisser la tête, comme en proie à quelque vertige ou autre malaise du même tonneau, et serrait les dents. Douleur? Faiblesse? La combinaison des deux, pourquoi pas? Enfin, c'était pas très joyeux tout de même, hein... mais bon. Entre ça et le retenir... si seulement il était capable de comprendre que quand on est malade, il vaut mieux rester couché bien sagement! Mais sage et Severus Rogue, bien qu'il soit serpentard, n'allaient pas ensemble a priori...

Elle se retint pendant quelques minutes de le rattraper et de le remettre au lit de gré ou de force, et vu la situation ça risquait surtout d'être de force d'ailleurs, mais après un petit peu de temps, elle se dit que finalement un petit appui ne serait pas de refus... enfin... sauf si sa pâleur cadavérique et ses tremblements incontrôlables n'étaient pas du tout liés à sa faiblesse présente, ce dont elle doutait en vérité bien plus que tout... surtout au vu de la situation. Elle glissa donc un bras derrière les épaules de Severus et l'entoura de son bras, dans une étreinte plus fraternelle qu'autre chose en fait, mais qui avait au moins un grand avantage: non seulement il réchauffait, mais aussi il permettait de s'appuyer un peu, discrètement... or là tout ce que semblait désirer Severus, c'était de ne pas montrer qu'il était trop faible pour se tenir assis. Ce qui, en fait, était parfaitement compréhensible dans un certain sens...

Il en vint alors à poser une question... question qui parut au départ un peu inabordable à notre jeune gryffondor ici présente. Pourquoi? Euh... parce que c'était pas précis? Si c'est pas ça, en tout cas, c'est fort proche! Enfin bon, inutile de tergiverser. Surtout qu'Ephemera avait compris, et qu'il était lui aussi un petit peu... ennuyé? Oui, c'est ça, ennuyé, par la situation. Severus demandait la date de son procès, une date qui n'avait pas encore été vraiment fixée par Shacklebolt, en fait, puisqu'il venait à peine d'être retrouvé! Mais, à ce qu'en avait dit le frère de Tia, soit le ministre en personne, le procès était présumé avoir lieu le onze mars. Dans trois semaines, autrement dit... cool. Enfin, au vu de l'état de Severus, il y avait tout de même de fortes chances que le fameux procès en question soit reporté une voire plusieurs fois, le temps que le prévenu se remette plus ou moins de ses blessures et soit en état de comparaître. Ce qui n'était pas encore gagné au vu de la situation présente, et ce qui était loin d'être gagné au vu de l'attitude du malade en question...


Je... je crois que Kinglsey, je veux dire le Ministre, a parlé du onze mars dans la matinée. Mais rien n'est sûr... il préfère, comme tout le monde d'ailleurs, que tu sois mieux portant avant de te faire comparaître, histoire que tu puisses te défendre. Donc, la date n'est pas certaine... jusqu'à ce que ton procès ait lieu, sauf en cas de grave complication, tu resteras ici...

Merlin... que c'était dur, mine de rien, de dire de pareilles choses à quelqu'un que vous aimez! Or, elle n'aimait pas, elle adorait Severus, ce qui rendait la tâche encore bien plus compliquée... et la voilà, elle, la grande soeur des jours mauvais et la petite soeur des beaux jours, obligée de dire ça! Merlin... elle était dans un sacré pétrin...



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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Lun 22 Déc - 18:56

Onze mars... Hum... Et ils étaient, euh... le... vers fin février? Environ? Arf, Merlin, voilà qu'il ne se rappelait plus la date exacte tout d'un coup. Et il ne pouvait décemment pas la leur demander, n'est-ce pas? Cela le ferait passer pour plus fou qu'il ne l'était encore, non? Donc non, il ne leur demanderait pas quel jour ils pouvaient bien être. Tout ce qu'il savait c'était qu'ils étaient aux alentours de fin mars. Ce qui lui laissait donc quinze jours... ou trois semaines au plus long.

Peu de temps en somme, lui qui peinait déjà à s'habituer à l'idée d'un nouveau procès. Un procès qu'il redoutait plus encore qu'il avait pu redouter son tout premier. Il n'y aurait plus de Dumbledore ni d'Albus pour le défendre. Il serait seul... Enfin, peut-être pas si seul, rectifia-t-il mentalement, alors que son regard se portait, bien que difficilement, sur Ebène et Ephemera. Ces deux-là semblaient bien décidés à rester auprès de lui. Dans quel but précis? Il n'en savait rien. Enfin, si, pour Ebène, il le devinait aisément. Aussi auror soit-elle, elle semblait toujours aussi attachée à lui, pour ne pas die plus. Mais pour Ephemera... Et bien pour Ephemera, c'était tout autre chose. Après tout le vieux mage allait être le Président du Magenmagot pour son procès, non son avocat de la défense. D'ailleurs, pourquoi serait-il devenu son avocat de la défense? Pourquoi défendrait-il le meurtrier de ce qui avait été son plus vieil et son meilleur ami?

Il sait tout, pour Dumbledore, avait dit Ebène. Hum... Tout quoi? Qu'il l'avait tué? Tout le monde savait ça, non? Ou savait-il aussi pourquoi il l'avait tué? Si oui, comment l'aurait-il su? Albus lui avait-il fait part de la promesse qu'il avait su arracher au serpentard qu'il était? Et dans ce cas, pourquoi donc Albus ne lui avai-il rien dit du fait qu'Ephemera, et donc Ebène, étaient au courant? Merlin, parfois il ne comprenait pas ce vieux fou qu'il avait pourtant tant apprécié par ailleur, malgré ses vieilles rancunes...

Trois semaines donc au plus tard... A la fois si loin et si proche, si peu de temps pour se préparer, et trop à la fois pour se languir misérablement dans cette maudite cellule qui l'étouffait déjà. Sans compter que la perspective de ce procès, qui déjà en temps normal ne l'enchantait guère, ce qui en soit était tout à fait normal, le ravissait encore moins, tant cela lui rappelait bien trop près de vingt ans auparavant, cet autre procès, où il avait l'honneur d'avoir Dumbledore pour avocat. En un mot, cela lui rappelait bien trop Albus, tout simplement. Et rien que pour cela, il aurait préféré ne jamais avoir de procès, quitte à devoir être envoyé directement à Azkaban.

Quoique... Hum... non, peut-être pas après tout. Azkaban, merci bien, il connaissait assez déjà pour s'en passer si possible. Mieux valait le baiser du détraqueur directement à la rigueur... Perdre son âme pour perdre son âme, autant que ce soit direct, et indolore. Ou aussi indolore que possible. Comment ça, il n'y avait plus de détraqueurs à Azkaban? Intéressant, en effet... mais quand bien même. Détraqueurs ou pas, Azkaban suffirait à raviver ses sombres souvenirs sans eux... Ce lieu était bien trop imbibé de leur présence dès lors, et même après leur départ avait à coup sûr gardé leur empreinte néfaste tout de désespoir et de noirceur mortelle. Donc non, pas Azkaban. Mais si on pouvai lui offrir n'importe quelle autre solution, ou presque, pour éviter ce maudit procès, il aurait bien été preneur. Impossible d'éviter un procès dîtes-vos? Il fut un temps pourtant où le Ministère de la Magie ne s'encombrait pas toujours de tels scrupules. Pour une fois, qu'il désespérait d'un tel changement...

En tout cas, un bon point : il resterait ici. Certes, confiné, enfermé dans une cellule exiguë, mais toujours au Ministère et non à Azkaban. Bien entendu il aurait de loin préféré l'assignation à domicile, mais... où? A quel domicile? Poudlard? Même si la vieille école avait toujours été ce qu'il considérait comme étant son véritable chez soi, il n'avait plus aucun droit d'y mettre les pieds et y serait certainement le malvenu. Leicester? Pouvait-il réellement considérer le manoir du vieux mage Ephemera comme son chez lui à lui aussi? D'un certain côté oui, si l'on considérait le fait qu'il y avait passé près de... dix-sept ans, environ. Mais d'un autre côté, n'avait-il pas perdu tous ses droits le jour où il avait lancé ce maudit avada? Il lui restait alors Spinner's End... mais... et bien non, pas Spinner's End. Bref, assignation à domicile oui, mais n'ayant pas de réel domicile, du moins à ses yeux, autant rester ici donc.

Severus réprima alors un soupir de résignation, face à cette constatation qui le déprimait déjà plus qu'il ne pouvait l'être déjà. Rester ici. Enfermé. A attendre son procès. C'était tout ce qu'il lui restait à faire maintenant. Merlin, qu'on l'achève, et au plus vite même. Mais non, comme toujours le destin s'acharnait contre lui, sans que personne n'écoute ses prières et il n'avait d'autres choix que de se résigner, de suivre ce chemin tracé par le Destin, maudit destin qui avait décidé il y a bien longtemps de le frapper du sceau de sa malédiction. ET même la Faucheuse ne daignait pas répondre à son appel, c'était pour dire.


- Bien, répondit-il alors d'une voix un peu trop rauque pour paraitre aussi dénuée d'émotion qu'il l'aurait souhaité. Et... qui y aura-t-il d'autres?

Hum... Quelle question pertinente, franchement. Mais qu'avait-il donc bien à faire de qui d'autres il y aurait à son procès en fait? De toute façon le résultat sera le même, alors... Ce n'était pas comme s'il n'avait aucun ennemi, ni aucune victime, n'est-ce pas? Ce n'était pas comme si les faits plaidaient si bien en sa faveur que tous porteraient l'étendard de sa défense... Ce n'était pas comme s'il était innocent en fait, tout simplement. Il pourrait bien y avoir Voldemort ou Croupton en personne à ce fichu procès que cela ne changerait pas grand chose. Ou si, peut-être la sentence. Avada pour l'un et Azkaban direct pour l'autre. La mort ou la prison : là où il finira d'ailleurs dans tous les cas. Un peu plus vite ou un peu plus lentement.

- Ils pourraient tout aussi bien le faire demain, cracha-t-il presque pour lui-même d'un air encore plus refermé sur lui-même, tel un escargot se recroquevillant au plus vite dans sa coquille.



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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Jeu 25 Déc - 16:57

Si la perspective du procè sne réjouissait en aucun cas Severus, ce qui d'ailleurs était parfaitemment compréhensible (qui aimerait entendre des nouvelles du procès qu'on lui prépare je vous le demande!), il ne réjouissait pas du tout non plus la jeune soeur de celui-ci... En effet, Ebene avait beau tenter tout ce qu'elle pouvait pour essayer de rassurer Severus concernant son procès et l'équité dont il bénéficierait, autrement dire que c'était perdu d'avance: d'abord, personne n'était jamais parvenu à totalement rassurer un Rogue excessivement (qquoique...) anxieux, même pas elle. Et pourtant, Merlin sait qu'elle avait essayé... à de nombreuses reprises, dans le passé, même. Malheureusement, elle n'avait jamais obtenu, à son plus grand désespoir d'ailleurs, de résultat probant. A se demander pourquoi... si la réponse n'était pas évidente: l'ancien Serpentard, non content d'être parfaitemet capable de déprimer pour un oui pour un non, avait de plus la fâcheuse manie de tout porter à l'exagération. Et elle, hé bien elle était coincée, puisque si lui pouvait exagérer sans trop de problèmes, elle ne pouvait certainement pas en faire autant sous peine de se retrouver vachement compromise. Or, ce n'était pas son but premier, loin de là!

Tout ce qu'elle pouvait se permettre de faire, c'était de tenter de lui remonter le moral avec des paroles réconfortantes... vous savez, là, ces mots sans trop de queue ni de tête; des mots qu'on disait et qu'on dit toujours aux gens qu'on aime pour les réconforter et leur témoigner notre amour... Ce genre de paroles qui, depuis longtemps, depuis le début en fait, n'avaient pour ainsi dire aucun effet sur Severus. Enfin, avoir un tout petit peu d'effet valait mieux de ne pas avoir d'effet du tout. Ou du moins, c'était son avis... personne n'était obligé de penser comme elle, hein! Et bien entendu, ces mots là, ces mots qu'elle lui avait murmurés pendant dix-sept ans par intermittences certes, mais tout de même au total ça faisait beaucoup, ces mots n'avaient plus aucune incidence sur Severus pour l'instant, excepté le fait de lui faire comprendre que sa Gryffondor de soeur avait vraiment un sacré grain...

Alors, elle avait renoncé aux paroles réconfortantes pour l'instant, et, ne sachant pas quoi dire, elle jugea meilleur pour tous de se taire. Au moins, en se taisant, elle ne risquerait pas de commettre la moindre erreur...Et puis, elle continuait à garder le bras autour des épaules de Severus, en un signe de tendresse et de soutien, alors qu'elle ne laissait plus aucun son s'échapper de ses lèvres maquillées, préférant à parler le fait d'écouter le fait d'écouter elle-même Severus respirer, son coeur battre... trop vite. Enfin bon, ce n'était pas étonnant, et puis elle ne s'étonnait plus de rien maintenant... Elle avait pris l'habitude, et elle ne se doutait que trop bien qu'après une arrivée en fanfare, une crise de maladie et quelques émotions, Severus aurait un peu de mal à se reprendre. PEut-être même pas qu'un peu, d'ailleurs... enfin bon. Il fallait bien lui laisser le temps, aussi, non?

Néanmoins, sentant le coeur qui était contre le sien battre un peu trop vite à son goût, pour ne pas dire beucoup trop vite, elle profita du fait qu'elle enlaçait Severus pour le redéposer dans son lit, bien confortablement... mais, ne sachant que trop bien à quel genre de rébellion éhontée ça pouvait mener venant de son frère de coeur, elle préféra y aller lentement, doucement, calmement, posément... et le redéposer tout gentiment dans son lit avant de le recouvrir. Elle lut pourtant la colère, ou quelque chose qui tâchait d'y ressembler, dans les yeux de Severus. Pourtant, elle n'en tint pas compte et se contenta de sourire, tout aussi imperturbable qu'il lui était possible dans ce genre de situations. Et ce fut à ce moment là qu'elle entendit la question de Severus... "qui"... qui serait présent à son procès? Bonne question, tiens... mais voilà, elle n'en avait "aucune" (ou plus exactement presque aucune) idée... du coup, c'était une question à laquelle elle avait bien du mal à donner réponse comme il le fallait! Certes elle savait bien quelles ou quelles personnes y seraient ou pas, ou du moins étaient supposées y être ou pas, mais rien de définitif! Du coup, elle réfléchit un petit peu, bien tranquillement, avant de formuler une réponse un peu hésitante certes, mais une réponse tout de même.


Hé bien... Maître Ephemera sera président sorcier du Magenmagot, ça, tu le sais... il y aura aussi... euh... moi, bien entendu, et dans les aurors probablement la soeur du Ministre, soit Tia, et quelques autres... Erik Lancaster bien entendu; et sa parente Katharina, la sous-secrétaire d'Etat. Kingsley Shacklebolt bien entendu. Les Gryffondor de cette promotion ci, soit Potter et ses deux amis... Les Malefoy, je pense, du moins Lucius... peut-être quelques autres mangemorts, du moins ceux qui ont survécu. Le professeur McGonagall sera là, bien entendu, ainsi que quelques anciens enseignants, comme Horace Slughorn. Sirius Black... je pense... un échantillon des élèves que tu as eu à Serpentard. Le procuromage... je ne sais pas, ce sera soit la blondâsse de Serdaigle...

Ne parlez pas ainsi, ma fille..., réprimanda alors Ephemera, tandis qu'Ebene rougissait alors...

Euh enfin je veux dire, Ann Elizabeth Cardwell; soit, si elle concrétise son projet de se retirer de l'affaire, Mary Leopoldine Frances, "Fran", Chapell... je pense que tu la connais, c'était une Serpentard que tu as connue à Poudlard, et que j'ai connue aussi... pas très très gentille, mais compétente. Donc, si on reprend la liste... dans le Magenmagot, il y aura: Maître Ephemera, le ministre Shacklebolt, Erik et Katharina Lancaster...en ce qui les concerne, c'est sûr et certain. Pour le reste, je ne sais pas vraiment... Quant à la procuromage, probablement Chapell. Niveau témoins, toute une brochette des gens que tu as connu: aurors, mangemorts, collègues, professeurs, élèves, condisciples de classe,... je pense aussi que le Président du conseil des potionnistes sera là... maintenant, va savoir pourquoi... enfin bref. C'est relativement panaché à ce niveau là...

Quant au fait de faire le procès demain... mais ça va vraiment pas la tête, mon vieux, là? Sérieusement... il faudrait voir avec un médicomage qualifié! Parce que ça devenait légèrement inquiétant...
Ebene posa alors doucement sa main sur le front de Severus, et le regarda droit dans les yeux. Pas question de le laisser couler comme ça sans le retenir, c'était contraire à ses principes!


Non, ils ne le feront pas demain. Simplement parce que tu n'es pas en état de comparaître avant un certain temps, et que les témoins ne seront pas disponibles, ce qui est gênant... Ne me dis pas que tu n'as pas envie de tenter ta chance de te retrouver libre! Que tu ne veux plus te battre maintenant que la guerre a touché à sa fin! Que maintenant que tout est fini avec Voldemort, tu vas décider de te laisser aller! C'est contraire au Severus que je connais, ça... pour une fois dans ta vie, laisse ton côté Gryffondor, car oui tu as un côté Gryffondor mine de rien, s'exprimer! Maintenant que tu peux te faire reconnaitre, tu refuses; toi qui as toujours rêvé de reconnaissance? Je ne te reconnais plus...



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Severus Rogue
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Lun 12 Jan - 20:35

Traîtresse qu'elle était, Ebene avait réussi, sans qu'il n'ait eu le temps de réagir et de protester dignement, à le recoucher sur la paillasse qui lui servait de lit. Bon, d'accord, c'était plus qu'une simple paillasse, c’était un vrai lit au moins, le changeant un peu de ce qu’il avait pu avoir droit il fut un temps quand il avait été enfermé à Azkaban. Arf, Azkaban, rien que le nom faisait ressurgir en lui de sombres souvenirs. Souvenirs un peu confus toutefois, tant il avait été là-bas dans un état plutôt second, luttant, avec le peu d’occlumencie dont il était encore capable en ce temps-là, entre cauchemars et visions d’horreur insufflées par le passage languissant des détraqueurs qui rôdaient, avides, vers sa cellule.

Mais mieux valait ne plus y penser. C’était du passé, et il avait la chance, cette fois-ci, d’être enfermé non plus à Azkaban mais au Ministère. Ce qui, aussi effroyable cela puisse-t-il être d’être ainsi confiné dans une cage, que certains appelaient plus ironiquement prison, était tout de même rassurant. Pas d’Azkaban pour l’heure. Une petite accalmie lui était alors accordée, dans leur incroyable « mansuétude ». Ce dernier mot étant à prononcer avec toute la morgue sarcastique possible, bien entendu, car Mansuétude et Ministère n‘avaient jamais fait bon ménage pour être honnête. Severus se força donc à chasser au loin ses souvenirs vicieux qui s’imposaient ainsi à lui sans aucun remord, pour revenir au moment présent.

Et pour constater, piteusement, qu’il se retrouvait remis au lit sans autre forme de procès par Ebene. Il n’eut toutefois guère la force de protester comme sa dignité le lui aurait pourtant imposé en d’autres temps. Il ne put en fait se contenter que d’un long regard noir tout de colère habité, qui en disait long sur ce qu’il pouvait bien penser de ces manières par trop maternelles et étouffantes parfois. Merlin, elle n’était pas sa mère, et il avait passé l’âge de se faire dorloter de la sorte, non? Bon, certes, il se sentait faible. Si faible qu’il n’avait fait aucun mouvement pour se relever, ni même pour articuler le moindre reproche. mais tout de même. Ce n’était pas une raison de profiter de sa faiblesse actuelle, qu’il espérait bien passagère, bien qu’un sacré doute l’envahissait alors à ce sujet, pour pouvoir laisser les instincts maternels et surprotecteurs de la jeune femme s’en donner à coeur joie. Il détestait ça, elle le savait bien pourtant, n’est-ce pas? En tout cas, il ne se priva pas de le lui faire comprendre par son regard d’ébène qui en disait long sur son humeur du moment.

Et la voyant sourire, son agacement s’envola vers des contrées qu’il avait cru ne jamais pouvoir explorer de nouveau un jour. A croire qu’il suffisait d’une Ebene maternellement exacerbée pour lui faire renouer avec ces anciennes émotions coléreuses... Mieux valait changer de sujet donc. ce qu’il s’empressa de faire en posant la question qui lui vint à l’esprit. Qui serait à son procès. Et c’est avec soulagement qu’il vit la jeune femme lui répondre.

Ephemera disait-elle. Ca, il le savait déjà. Les aurors, dont elle-même, ce qui pourrait possiblement la mettre en porte-à-faux et mal à l’aise... Lancaster, commandor des aurors, ce qui était on ne peut plus logique, connaissant son poste, mais qui pouvait alors s’avérer des plus intéressants, sachant le rôle que le vampire avait pu jouer dans sa « résurrection ». Restait à savoir si, justement, le commandor des aurors, allait révéler ce fait, plutôt délicat au vu de sa position actuelle.... Katharina Lancaster, qu’il connaissait plus que bien, pour avoir passé quelques temps à Poudlard avec elle, et qui était, s’il avait bien entendu, devenue sous-secrétaire d’Etat. Un titre, certes pas volé, mais qui le surprenait tout de même quelque peu, connaissant le caractère de la jeune femme. Kingsley... Ministre par intérim lui avait-on dit un peu plus tôt, à son arrivée ici. Là aussi, il ne pouvait s’empêcher d’être quelque peu étonné, bien que l’ex-auror devait pouvoir se montrer plus qu’à la hauteur vu son continuel soucis d’équité, dont il avait fait preuve comme il avait pu le voir dans les séances de l’Ordre. Kingsley pourrait, peut-être, faire un bon ministre. Ce n’était pas à exclure.

Les Gryffondors... rien que de penser que des Gryffondors allaient participer à son procès lui donnait des frissons. Allez savoir de quoi ces rouge et or étaient bien encore capables. Minerva ensuite, bien évidemment. Elle avait vu beaucoup de choses le concernant. En bien et en mal. Peut-être une des plus impartiales dans tout ça d’ailleurs. Malefoy et compagnie mangemoresque... Voilà encore des témoignages possiblement épineux. Il y avait tout à parier que ses anciens compagnons Mangemorts n’avaient qu’une seule envie : le faire tomber avec eux. Et s’ils apprenaient son véritable rôle, nul doute qu’ils n’allaient pas manquer une occasion pour se venger. Slughorn et ses anciens collègues professeurs... Voilà qui pourrait s’avérer, comment dire... drôle? Cocasse? Divertissant? Connaissant la propension de certains à babiller pour un rien, cela serait possiblement drôle en effet. De quoi détendre peut-être un peu l’atmosphère. Quoique... Si cela devait tourner en séances de larmes. Non, finalement non, il aurait peut-être mieux valu de laisser ses enseignants de côté.

Black disait-elle? Avait-il bien entendu.? Black? Sirius Black, ex-maraudeur et persécuteur de pauvres Serpentards? Mais... Mais Black était mort non? A ce nom, Severus ne put s’empêcher de froncer un sourcil, plus qu’interrogateur soudain. Mais il garda toutefois sa question pour plus tard, préférant laisser Ebene finir sa petite liste... Liste qui se poursuivit par Cardwell, qu’Ebene insultait sans vergogne devant lui. Il lui en ferait avaler, lui, des blondasses de Serdaigle! Heureusement Ephemera intervint, réprimandant, même si mollement, Ebene. Severus ne se priva pas toutefois de la foudroyer de son regard noir des plus furieux, tout en émettant un grognement parfaitement explicite. Encore un mot de travers au sujet d’Ann, et Ebene risquait de passer sous doloris. Ou sous étranglage, vu qu’il était certainement encore incapable de produire un doloris, cracmol qu’il était devenu dès lors. Rien que cette pensée lui serra le coeur, lui pourtant si fier de sa magie et de sa puissance d’antan. mais encore une fois, il s’efforça de chasser aussi vite que possible cette maudite nostalgie désespérante qui lui collait à la peau et à l’esprit. Il avait plus urgent à faire.

Chapell en procuromage donc. Ann avait visiblement pris sa décision et se retirait de l’affaire. Voilà qui était peut-être mieux pour tous deux. Oui, relativement panaché, en effet. Un peu trop à son goût. A n’en pas douter, sa vie toute entière allait être étalée au grand public, ce qu’il n’était pas bien sûr d’apprécier. Non, ce qu’il était même sûr de détester plus que tout. Lui qui avait si longtemps vécu dans l’ombre, qui s’était battu dans l’ombre, voilà qu’il allait être propulsé sur les bancs publiques sans une once de pudeur. Il en était mortifié d’avance. Son calvaire, son chemin de croix, ne faisait que commencer. Merlin, qu’on l’achève. oui, qu’on l’achève, là, maintenant.. C’était le seul et unique souhait qui lui venait alors à l’esprit. Mourir, partir, échapper à tout ça, la paix, la paix... juste un peu de paix. C’était tout ce à quoi il aspirait dès lors. La PAIX. Et seule la mort semblait bien vouloir la lui offrir.

Il vit alors deux orbes noires se planter dans les siennes, alors qu’il avait émis le souhait de voir son procès dès le lendemain, histoire de s’en débarrasser au plus vite. deux orbes noires qui semblaient soudain dans une rage folle. Bien entendu, Ebene et le vieux mage le connaissaient suffisamment pour savoir ce que ce voeu cachait réellement. Le voeu de partir, de mourir, vite, procès ou pas... Le voeu de quitter ce monde, un monde qu’il avait toujours haï soit dit en passant, le voeu d’enfin connaître la paix, qu’on le laisse tranquille. En paix. Qu’on le laisse mourir donc. Ou qu’on l’achève le plus rapidement possible. Malheureusement pour lui, ils ne le connaissaient que trop bien maintenant, pour déchiffrer ses pensées secrètes, et lire entre les mots qui franchissaient, parfois au compte-goutte, ses lèvres fines.

Se retrouver libre? Parce qu’elle pensait réellement qu’après tout ce qu’il avait pu commettre, que ce soit en bien ou en mal, on le laisserait aller en liberté, aussi facilement? Décidément, Ebene était toujours aussi naïve. Et qu’elle ne lui parle pas de son possible côté Gryffondor. Cela avait bien assez suffi qu’Albus lui serine cette chanson comme ça, inutile qu’elle s’y mette elle aussi. Il était Serpentard et le resterait. Il n’allait pas se laisser convertir aussi facilement, foi de Severus Rogue! Et si elle croyait que ses belles paroles allaient suffire à le remettre sur la selle de la vie, c’est que, décidément, elle était encore bien plus naïve que ce qu’il croyait.

Il avait alors envie de lui répliquer que plus rien ne l’attendait sur cette terre. Il n’y avait plus rien pour lui ici-bas. Si tant est qu’il y ait eu jamais quelque chose pour lui d’ailleurs. Il n’y avait plus rien qui le rattachait pleinement à la vie plus précisément. Lily était morte. Il aurait dû mourir avec elle. Mais il avait eu une promesse à accomplir avant, une promesse qu’il avait tenu du mieux possible qu’il l’avait pu alors. Maintenant... Et bien maintenant que cette promesse était fini, maintenant que le Lord Noir n’était plus, que Harry Potter, fils de Lily, avait survécu une fois encore, il ne savait comment, il avait accompli sa promesse. Il n’avait plus de raison de vivre alors. Il n’avait plus qu’une envie : rejoindre Lily. Enfin, la rejoindre, en paix, en toute sérénité. Rejoindre Albus aussi, pour qui il avait fait l’un des plus gros sacrifices qu’on lui ait jamais demandé. Mais...

Mais dire cela à Ebene, et même à Ephemera, serait par trop cruel, sans doute. Il aurait s’agit de quiconque autre, il n’en aurait eu que faire d’être cruel. Mais eux deux... Non, ce serait décidément trop cruel. Et ils ne comprendraient pas, ou ne voudraient pas comprendre. pas vraiment. Il se tut donc, se contenant de planter ses prunelles de jais dans celles d’Ebene, tout en laissant un profond silence, lourd de sens, planer entre eux. Un silence qui en disait long déjà. Plus long que tous les mots... Ce n’est qu’après un long moment, qu’il parvint à décrocher son regard de celui de la jeune femme, de sa soeur de coeur, pour reporter son attention sur le vieil homme
.

- Que s’est-il passé? S’enquit-il soudain. Je veux dire... Si vous pouviez me relater, depuis le début, ce qui s’est passé... depuis... depuis la Bataille Finale. Il me semble y avoir eu beaucoup de changements. Trop peut-être... c’est... Je dois avouer que tout ceci est un peu embrouillé pour moi. Potter vivant, alors qu’il aurait dû... enfin vous savez... Shacklebolt ministre par intérim, Black... Black vivant? Et... Et qui d’autres a survécu? Minerva, Slughorn, Lucius apparemment... et... et Drago? Les élèves? Le trio infernal? Qui... Qui... Qui est tombé? Osa-t-il demandé, tout en se redressant quelque peu sur un coude.

Il détestait être ainsi en position de faiblesse... et d’infériorité. Il détestait être alité, tout simplement. Cette position lui permettait de regagner un minimum de dignité.

Voilà qui en tout cas devrait permettre de changer un peu de sujet. d’éviter d’aborder le sujet délicat de ses possibles envies ou non de combattre. Ce n’était ni le moment ni le lieu, selon lui, d’en parler. Surtout pas devant le gamin impudent qui avait osé voler sa place d’apprenti auprès d’Ephemera. Déjà qu’il ne voulait pas en parler, mais encore moins devant un inconnu... même si pas totalement inconnu. Disons, que le jeune Dolohov n’avait pas à savoir certaines choses.

Severus espérait en tout cas qu’Ephemera, et Ebene surtout, pourraient comprendre ça et daigner répondre à sa question. Il était réellement perdu pour tout dire dans ce monde magique qu’il peinait à reconnaître. Qui avait tant changé en si peu de temps, tant changé... sans lui... comme s’il ne faisait déjà plus parti de lui. sa perte de magie d’abord, et ensuite tous ces changements... Comme si tout concordait pour le mettre à la porte de ce monde qu’il avait beau dire haïr mais auquel il tenait plus qu’il n’osait se l’avouer. Le monde de la magie... un monde dans lequel il avait fondé tant d’espoirs, et qui l’avait tant déçu dans le même temps. Un monde qui soudain allait trop vite pour lui, le laissant sans remord sur le bord de la route, pauvre cracmol qu’il était devenu, et qui l’abandonnait lâchement, lui qui avait pourtant tant oeuvré, même si dans l’ombre et les ténèbres, pour le faire ainsi changer.



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Ebene Graymes
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Mer 28 Jan - 1:46

[HJ : NOTE IMPORTANTE!!! En raison du départ de Bill Dolohov, les faits le concernant n'ont pas eu lieu. Nous les rayons des RPs. Merci de votre attention]

A croire que tout avait bien changé en si peu de temps... D'abord, on lui livrait un Severus dans un état quasi moribond. Pas encore agonisant, mais presque, comme dirait la définition du petit Larousse. Et ensuite, après qu'on lui ait ramené son frère de coeur dans un état qui fort visiblement laissait quelque peu à désirer, pour ne pas dire qui laissait beaucoup à désirer, il fallait en plus qu'on lui impose le fait de voir que Severus boudait face à ses attitudes légèrement maternelles. Merlin, mais il ne s'était pas encore rendu compte qu'elle s'occupait de lui ainsi? Cela faisait dix sept ans pourtant qu'ils se fréquentaient, dix-sept ans qu'elle lui prodiguait ces attentions, devant Ephemera ou lorsqu'ils étaient tous les deux seuls, et pendant ces dix-sept ans là, il avait bien rarement eu des choses à redire à ce sujet, se contentant plutôt de les savourer avec délices.

Et là, tout d'un coup, comme si l'heure du changement radical de situation venait de sonner, il avait décidé de mal le prendre. Et Ebene se demandait pourquoi. Parce qu'on était dans une cellule? Quelle importance, il est impossible de voir ce qui se passe à l'intérieur depuis l'extérieur, et vice versa. Parce qu'on était au Ministère? Bah sérieux, ça changeait pas grand chose à la donne! Parce qu'il était malade? Nan mais c'était justement dans ce genre de situations qu'il appréciait le plus sa présence à elle, Ebene Graymes, pour ses marques d'affection justement! Alors, quel était le véritable problème? Car il semblait être une évidence qu'il y en avait un, et visiblement pas des moindres... Mais Ebene ne parvenait pas (pas encore du moins) à mettre le doigt dessus comme il se devait pourtant, se ramassant au contraire un énième regard noir pour ses attitudes jugées inconvenantes par son frère de coeur.
Ha, on l'y reprendra, à se montrer chaleureuse et bienveillante!

Elle se retint toutefois de lui répliquer quoi que ce soit en pleine face, comme elle en avait si bien pris l'habitude pendant ces longues années de cohabitation. Répliquer ne servirait pas à grand chose d'utile dans la situation présente, si ce n'est à envenimer les choses (ce qui était exactement le contraire de l'effet escompté par la miss, pour être tout à fait honnête), or elle n'en avait pas du tout envie. Donc, silence radio absolu venant de sa part. Enfin, pour un temps, quoi... Le temps qu'elle en vienne à répondre à la question que venait de lui poser Severus et qu'elle se mette à énumérer les différents assistants au procès. A savoir beaucoup de monde... dont une fameuse pêtasse blondâsse connasse... soyons heureux, elle n'avait cité que l'adjectif central. Les deux des côtés étaient sous-entendus. C'est encore une chance pour elle... sinon il y a fort à parier que Severus lui aurait déjà totalement explosé la figure d'un avada kedavra bien senti. Enfin, quoique... n'était-il pas incapable de faire de la magie, présentement? Enfin, quoi qu'il en soit de toute façon, la jeune femme semblait avoir compris la leçon, surtout après la légère remontrance que venait de lui faire son maître de magie. Certes, elle ne s'excuserait pas, et Severus le savait bien; mais du moins tâcehrait-elle de modérer singulièrement ses propos haineux à l'égard de Ann.

Il y avait une raison très simple à cette haine cordiale entre les deux femmes, en vérité. Ann était pour ainsi dire tout ce qu'Ebene n'était pas, et vice versa: elle était blonde, elle avait les yeux pâles, elle était froide, elle était hautaine, elle était mère, et encore un tas d'autre trucs. Ebene, quant à elle, portait ses cheveux noirs avec fierté, ses yeux de la même couleur, était chaleureuse quand elle le voulait bien, ne se montrait que rarement d'un mauvais genre, et surtout, elle n'avait pas d'enfants. Bref, c'était blanc et noir. Et quand on y pensait, le même genre de haine glacée existait, quoiqu'en plus violente, entre Sirius, le fiancé d'Ebene donc, et Severus. Alors, autrement dit, l'affaire était close: chacun des deux détestait le compagnon de l'autre, et le monde s'en portait pas plus mal. Enfin, il se porterait mieux si ces quatre abrutis ne se disputaient pas autant, mais bon, ceci relève uniquement du détail... et de l'utopie, aussi. Il était totalement irréaliste d'imaginer qu'un jour, Ebene et Ann s'entendent comme deux soeurs, et que Severus et Sirius aillent assister à un match de Quidditch ensemble. Ce serait bien trop impossible. Ebene en revint donc au monde réel. Pas question de présenter des excuses, pas question de dire quoi quece soit, c'était très bien ainsi et ça ne changerait pas. Et c'était pas non plus comme si Severus n'était pas au courant du manque d'atomes crochus qui séparait d'un gouffre profond les deux dames en question. Mais bon, c'était comme qui dirait une fatalité...

Peu après ce petit discours des moins réjouissants, Severus en vint à dire que finalement, son procès aurait très bien pu avoir lieu le lendemain que ça n'aurait rien changé à la donne. Tu parles... cet imbécile avait-il donc la sourde envie de voir ses pires cauchemars se réaliser? Certes, Ebene connaissait assez bien les multiples tendances masochistes de Severus pour pouvoir dire qu'en toute sincérité, c'était possible. Mais elle ne comptait pas non plus le laisser faire pour autant... Certes, elle venait de lui répliquer en pleine face. Certes, elle avait bel et bien remarqué qu'il mourait d'envie de lui répliquer à son tour. Mais lui ne semblait pas décidé à s'extérioriser, justement. Et là était justement le problème: Severus Rogue ne s'extériorisait pas souvent. Même pas avec elle. Et surtout pas dans ce genre de situation présente. Donc... autant changer de sujet, n'est-ce pas?

Et ce fut ce qu'il fit, justement: il changea de sujet, passant alors du dramatique à la discussion stérile sur la pluie et le beau temps. Enfin, des deux, dans la circonstance présente, le second sujet était certainement dans les plus agréables comparé au premier, par exemple. Ebene le suivit donc dans sa voie sans trop faire de difficultés pour cela, entreprenant alors de tout raconter depuis le début.

Sa narration fut longue, à n'en pas douter. Ebene parla pendant une bonne demi-heure, tout au plus... Ou peut-être plus, justement, le fait était que la demoiselle n'en savait vraiment rien du tout. Elle avait surtout tâché de résumer la situation de son mieux, mettant tout ce qu'elle savait dans un grand mélange. Elle commença son récit par la bataille finale. Voldemort s'était fait tuer par Potter, le monde sorcier n'en était d'ailleurs ni particulièrement sain, ni particulièrement sauf, et tout avait commencé à se reconstruire dès la mort du Seigneur des Ténèbres. Certes, il y avait eu des morts. Beaucoup de morts. Des deux côtés. Elle ne put tous les citer, mais mentionna entre autres les époux Lupin, qu'elle avait bien connus, un des Weasley, impossible de dire lequel, certains des anciens élèves qui avaient été à Poudlard avec elle, certains des mangemorts aussi... Bellatrix, les Carrow, même son propre père, beaucoup y passaient! Et puis, chez les élèves, il n'y avait pas eu beaucoup de morts. Pas un seul mort chez les Serpentard, tous s'étaient barrés avant les festivités... oh que c'était étonnant, Merlin. Ah quoique, si, un petit crétin du nom de Crabbe avait décidé d'utiliser un feudeymon dans la salle sur demande et y était resté. Et au passage, la famille Malefoy était encore en vie, quoique pour ainsi dire au bord de la banqueroute. Lucius avait encore une fois réussi à se faire blanchir, mais cette fois ci, son amendement semblait bien plus sincère que la dernière fois. Quant à Drago, il était en pleine forme. Chez les Serdaigle, un ou deux morts. A peu près pareil chez les Poufsouffle. Les Gryffondor avoisinaient les trois morts avec leur fierté et leur courage, bien entendu. Quant aux professeurs, ils avaient admirablement survécu... enfin, c'était leur devoir, non? Et ainsi de suite...

Ensuite, après les enterrements, les vacances scolaires. Pendant lesquelles Minerva avait été nommée, sans grande surprise, directrice de Poudlard. Elle avait alors reconstitué une équipe enseignante bien différente de celle qu'on avait connue précédemment... elle-même, Ebene Graymes, avait, à sa grande stupeur, reçu le poste glorieux et maudit de professeur de DCFM ainsi que directrice de Gryffondor. Leur cher tuteur, pour sa part, avait eu les potions lors de la retraite de Slughorn, et par la même occasion le poste de directeur de Serpentard... qui ne comptait qu'une élève, j'ai nommé la fille Cardwell. Zen. Ensuite, Hypatios Lysle donnait sortilèges et dirigeait Serdaigle. Oui, Hypatios, le lycanthrope... et non, Minerva n'avait pas totalement pêté les plombs. Il y avait aussi la jeune Tracy Wolf, professeur de divination; et une ancienne amie d'Ebene, l'allemande Magdalena von Rübenhof, venue assurer le poste d'infirmière et de professeur de médicomagie de base, et qui par la même occasion avait à se charger de Poufsouffle. Et bien entendu, Minerva assurait encore les cours de métamorphose...

Le monde sorcier se reconstruisait. La fin de cette ère de violence était de plus en plus manifeste: les mangemorts étaient arrêtés, jugés avec équité par Shacklebolt, les deux Lancaster, et bien entendu Ephemera. Ensuite, on les envoyait en prison à perpétuité, on les grevait de dettes ou on leur accordait une seconde chance... ou une troisième chance, comme dans le cas de Lucius. Shacklebolt faisait d'ailleurs un très bon ministre, à la fois juste, sérieux et efficace... tout Gryffondor dans l'âme soit-il.

Tout se passait dès lors très bien dans le (quasi) meilleur des mondes lorsque, trois bons mois et cinq jours auparavant, un des Langue de Plomb s'était retrouvé face à Sirius Black couché dans le département des Mystères. Un Sirius dans un drôle d'état, totalement déphasé, à moitié mort... mais qui avait réussi, Merlin sait comment, à sortir du voile. Et il y a cinq jours, la nouvelle était devenue officielle: Sirius, encore un peu commotionné d'ailleurs, rentrait chez lui au Square Grimmaurd, vivre avec Potter. Et en parlant de Potter, Ebene et Tia avaient le graaaand honneur (au sens ironique) d'avoir le Survivant en apprenti. Dire qu'Ebene ne l'appréciait pas grandement prenait alors tout son sens.

Elle continuait à papoter lorsqu'un cri retentit dans les couloirs du ministère. Deux secondes et demie plus tard, un des gardiens se précipitait à l'intérieur et l'appelait.


Graymes? Alerte!

Intriguée et excitée, la jeune femme se précipita hors de la cellule, plantant là ses deux compagnons, et dégainant sa baguette, à la suite de son collègue...



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Severus Rogue
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Ven 30 Jan - 2:32

Severus écouta alors avidement le récit, qui comblait enfin les lacunes que pouvait bien présenter ce qu'il avait réussi à reconstituer à partir des informations glanées de ci de là. Ebene avait le don de résumer plus de sept mois d'absence et d'événements alambiqués avec une facilité déconcertante. Son récit était clair, concis, limpide, l'essentiel était dit, ni plus ni moins. Dire que certains points ne le surprirent pas seraient un pur mensonge. A vrai dire, il était même troublé par certaines données qu'elle lui offrait là. Comme par exemple Potter vivant. Encore un miracle cauchemardesque que seul le dénommé "Survivant" était capable de commettre visiblement! La mort du père d'Ebene, qu'elle évoquait presque sans une once de sentiment, l'interpella aussi. Nul doute qu'il y avait anguille sous roche. De quoi et par qui était donc mort le père Graymes? Sa fille était-elle donc impliquée dans cette mort douteuse? A voir l'air fermé d'Ebene, il y avait fort à parier que c'était le cas. Impliquée à quel point restait alors à déterminer... Mais plus tard. Quand ils seraient seuls peut-être. Quand elle voudrait le lui avouer, d'elle-même surtout. Car non, aussi curieux soit-il, il n'était pas déterminé au point de raviver le couteau dans la plaie par une inquisition mal placée...

Quant à l'image d'un Crabble invoquant un feudeymon, cela le surprit hautement également, lui qui avait cru le garçon si dénué de ce que l'on nommait communément cerveau et incapable du moindre sortilège au dessus des capacités d'un scrout à pétard... si tant est qu'un scrout à pétard ait de quelconques capacités d'ailleurs. La résurrection miraculeuse et inexpliquée d'un certain cabot le troubla plus encore toutefois que toutes ces informations rassemblées. Pour lui, c'était tout bonnnement impossible, n'est-ce pas? Quoique... Il n'était pas sans connaître cette théorie, selon laquelle tant qu'un être vivant pensait à celui ayant traversé le voile, ce dernier pouvait échapper au néant... Mais... Et bien, pour être honnête, Severus n'avait pas cru pouvoir un jour vérifier cette théorie. Il peinait encore à y croire. Et n'y croirait trés certainement qu'une fois qu'il verrait le cabot de ses propre yeux. Tant d'informations.... alors y ajouter en plus celle là... c'était comme la goutte d'essence de mucus de verracrasse qui faisaitt déborder le chaudron.

Enfin, dire que l'annonce des morts ne lui faisait rien ne serait pas juste. Certes, pour la plupart, il leur avait été indifférent, comme à quasiment tous ses élèves ou une poignée de ses collègues. Mais, voir toute sa génération ainsi décimée lui faisait tout de même étrange : Lupin, Lestrange, Carrow, Graymes, Malefoy... ah non, pas Malefoy, ceux-là avaient encore réussi, Merlin merci, à s'en sortir. Vieux roublards de Malefoy. Enfin roublards, roublards, en roublards on faisait mieux toutefois. A moins que se faire doloriser et réduire en moins que rien qu'un serviteur en haillons fasse partie de la roublardise? Certes, cela avait dû faire un argument de poids dans la tentative de réhabilitation de leur noble famille. Argument non prémédité dirait-il toutefois. Ca et le fait que Drago, couard qu'il était, même si couardise qu'il bénissait quelque peu sur ce coup là, avait été incapable de tuer quelqu'un. Quelqu'un que, non, il ne nommerait pas.

Bref, voir sa génération s'effriter de la sorte, alors que la précédente tenait encore bien debout... Cela faisait un choc. Plus de Maraudeurs... Enfin, si, un, si l'on comptait Black revenu d'entre les voilés. Plus de ses "camarades" mangemorts, ou si peu, même si pour beaucoup, il ne les regrettait pas personnellement. Si peu vivants. Certes, la génération potterienne avait elle aussi été lourdement touchée. Mais pas détruite. Pas totalement. La sienne par contre... Un gachis.

Et malgré ce gachis, ce lamentable gachis, tel un sacrifice offert au monde, le monde sorcier se reconstruisait tout de même, tentait de panser ses plaies, et Poudlard réouvrait ses portes, Minerva à a tête... Tout allait revivre, recommencer. Mais sans eux. Et soudain, la sensation de ne réellement plus appartenir à ce monde le frappa de plein fouet. Plus violemment encore qu'il ne l'avait jamais ressenti. Ce monde n'avait jamais été le sien, avait-il toujours crié haut et fort. Maintenant il avait envie de le hurler... de s'en déchirer les cordes vocales. Et eux, dans tout ça? Eux? Que devenaient-ils maintenant? Où était donc leur place? En avaient-ils seulement une? Leur en offrait-on une? Peur... Severus avait peur, comme rarement il avait eu peur. Peur de ce monde qui se reconstruisait sans lui. Peur. Tout simplement.

Et soudain une voix. Non pas celle d'Ebene qui venait de finir son récit, calmement, posément, mais celle d'un autre auror, apparu brutalement à la porte, essoufflé, et visiblement sur le qui-vive, les sens exacerbés. Quelque chose venait d'arriver. Quelque chose d'important pour qu'on tire tous les aurors de leurs occupations plus ou moins ennuyeuses. Severus s'extirpa donc de ses pensées troublées et suivit Ebene du regard tandis qu'elle disparaissait déjà dans le couloir. Il se leva à son tour, doucement, lentement, histoire de ne pas aviver un malaise inutilement, et d'un pas vacillant, tentant d'ignorer le médicomage qui déjà suivait ses pas, se dirigea à son tour vers la porte. Il se fit le plus silencieux possible, tous ses instincts d'espion reprenant soudain le dessus sans qu'il en ait réellement conscience et tenta, aussi discrètement que possible, de trouver un angle de vision correcte. En vain.

De là où sa cellule était, il ne pouvait rien voir, bien que l'événement n'ait pas l'air d'avoir lieu bien loin. A quatre cellules d'écart, tout au plus.... juste après l'angle du couloir, angle qui lui gachait alors toute vision possible. Tout ce qu'il parvenait à percevoir était des bribes de conversation de ci de là. Rien de plus. Et encore, à peine audibles, incompréhensibles donc, tant le tout était hachuré. Bref, il ne parvenait à comprendre ce qui se tramait soudain à deux pas de lui, et sa curiosité en était frustrée.


- Que se passe-t-il? S'enhardit-il à demander au géôlier qui était resté en faction non loin de sa cellule.

Geôlier qui sursauta alors en entendant sa voix si près. Ce qui fit d'ailleurs sourire Severus, alors qu'il se disait ne peut-être pas avoir tout perdu s'il était parvenu à surprendre un auror. Certes, jeune auror, tout juste sorti de poudlard d'ailleurs, un de ses anciens élèves reconnut-il même. Serdaigle, si ses souvenirs étaient bons. Tout jeune auror donc, encore inexpérimenté et encore plein de choses à apprendre. Comme "comment ne pas se faire surprendre par un ex-espion", ne put-il s'empêcher de sourire intérieurement
.

- Rogue, répondit enfin le jeune auror, sortant de son trouble et de son malaise évident. Retournez donc à votre place. Cela ne vous regarde pas.

Un regard noir fut alors la seule réponse que Severus offrit au jeune homme, n'obéissant toutefois pas pour autant à l'injonction du gamin. N'obéissant pas même à Ephemera qui le priait de revenir s'asseoir.

Peut-être aurait-il mieux valu, au final, pensa-t-il en son for intérieur, alors qu'il sentait ses muscles se crisper et s'écrier au scandale toute la demi heure durant laquelle il demeura debout, à attendre. Attendre, attendre, et encore attendre, sans que personne, pas même Ebene, ne daigne venir lui expliquer ce qu'il se passait non loin. Enfin non, plus non loin, tout l'attroupement ayant migré il ne savait où... Attendre, encore et toujours... jusqu'à ce qu'enfin, Ebene revienne. Un air étrange tirant ses traits fins.



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Ebene Graymes
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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Ven 30 Jan - 18:31

On venait de l'appeler: un meurtre. Enfin, un souci ayant trait avec un meurtre, en tout cas... L'auror qui venait de l'interpeller, un certain Bart, comme tout le monde le nommait à cause de sa barbe noire, et accessoirement un des derniers diplômés (mais non des moins bons, faut pas croire!), lui expliquait pendant qu'ils couraient ce qui se passait: un membre du ministère avait été retrouvé assommé et pétrifié dans un coin sombre, ses vêtements lui avaient été dérobés. Une intrusion au Ministère. Immédiatement, les aurors s'étaient mis à la recherche de l'intrus dans les cellules du ministère, mais nul n'avait réussi à mettre la main sur lui avant ce moment où une petite secrétaire de bureau bien normale et banale n'aie dit avoir vu cet employé attendre dix minutes devant le bureau de Cardwell. C'était donc après elle qu'il en avait! Ils étaient alors immédiatement partis à la recherche de la procuromage, qui avait quitté son bureau plusieurs heures auparavant pour aller voir celui qu'elle aurait à accuser dans le futur. Mais voilà... elle était dans les couloirs des cellules, lorsque l'employé suspecté avait été repéré, lui aussi dans ces couloirs... Les aurors s'étaient précipités vers lui, et l'avaient alors encerclé, attrapé... puis pétrifié, cherchant à faire quelque chose pour la blonde qui se vidait de son sang en agonisant à côté du type.

Et là, le sang de la pauvre Ebene ne fit qu'un tour. Ann. Assassinée. Elle en connaissait un qui n'allait pas apprécier ça, mais alors pas du tout! Peut-être même qu'il allait en vouloir à la demoiselle pour n'avoir rien pu faire, ou quelque chose du genre... Et ça, c'était particulièrement le genre de Severus! C'était même tellement bien son genre que ça ne l'étonnerait pas du tout si il lui en voulait à mort et qu'il menaçait de la tuer de ses propres mains après qu'elle lui ait annoncé ça... Enfin bon, elle allait déjà faire tout ce qu'elle pouvait en attendant. Deux auror experts en médicomagie étaient déjà penchés sur le corps d'Ann et tentaient le tout pour le tout pour sauver la blondasse qui était présentement devenue chauve (le type lui avait pris ses cheveux). Ebene se précipita donc sur le type, qu'on avait pour ainsi dire laissé seul, pétrifié, dans un coin, tandis qu'on tentait de sauver la dame. Elle s'assit avec violence sur le torse du type, enfonça une fiole de potion dans sa gorge... si ce mec avait pris du polynectar, on saurait bien qui avait eu cette idée géniale! Et puis, elle avait aussi pensé à lui démolir la face... ce qu'elle fit d'ailleurs sans ménagement, frappant d'un solide coup de poing le prisonnier pétrifié qui reprenait forme: Antonin Dolohov. Elle n'aurait jamais cru qu'il serait assez con pour se laisser aller à de telles idées qui selon elle étaient plus dignes de crétins comme Crabbe ou Goyle (senior ou junior); mais bon, il semblerait qu'elle se soit trompée. et qu'un de ses collègues tente de la calmer et de lui faire cesser ses coups contre la pauvre face de ce triple crétin. Pas de bol.

Ebene lâcha alors le mangemort reconstitué, lui reprit ses vêtements (c'étaient ceux de l'employé en question), s'arrangea pour ne pas qu'on voie trop qu'il était à poil, puis confia à Bart et à un autre type costaud le soin de le mettre au frais à Azkaban dans les plus brefs délais. Et s'il mourrait de froid en route? Pas grave, c'était pas une grosse perte. Elle décida alors d'aller aider ses collègues à sauver la pauvre Cardwell, qui se vidait bien tranquillement de son sang et qu'on ne parvenait pas à réellement soigner: le poignard qui avait servi à la transpercer devait être empoisonné ou enchanté... de manière à ce qu'ils ne puissent pas réparer les dégâts causés. Ebene intervint alors en passant à la méthode magie noire... mais n'arriva à rien de probant. Du moins, pas assez vite... Certes, elle arrivait à réparer. Lentement, mais sûrement, à l'aide de la magie noire... mais ça n'allait pas assez vite! Et le sang de la procuromage continuait à se répandre sur les mains, sur les vêtements de l'auror, tandis que la vie lui échappait inexorablement. Ebene ne pouvait se retenir de craindre fortement pour la suite... Merlin, pourvu que ça tienne... mais non, ça ne tiendrait pas, justement, c'était ça, le souci numéro un! Ca ne tenait pas! Et finalement, alors qu'elle s'acharnait encore, elle sentit le pouls faiblir puis s'arrêter, tandis que la respiration cessait dans un dernier hoquet. Elle était morte. Et elle avait échoué.

Ebene manqua hurler d'horreur alors qu'elle se relevait, chancelante, du sol imbibé de sang sur lequel était couchée la procuromage, ou du moins son cadavre. Morte. Severus n'allait pas lui pardonner ça de sitôt! Mais elle avait fait tout son possible... de son mieux, même... Elle était même parvenue à un certain résultat... malheureusement, ses deux collègues n'avaient pas réussi à garder la femme en vie assez de temps. Elle avait échoué... c'était dur à avouer, n'est-ce pas? Tu as échoué, ma pauvre Ebene... La jeune femme s'adossa au mur du couloir, accepta avec un sourire reconnaissant le verre d'eau qu'on lui tendait. Bon d'accord, elle aurait préféré un bon verre d'alcool fort, mais c'était pas vraiment le moment de boire quelque chose de trop hot pour l'instant. Elle avait une mauvaise, très mauvaise même, nouvelle à annoncer à Severus comme au monde magique. Et elle doutait que la nouvelle soit bien prise ni par l'un, ni par l'autre... Severus n'allait certainement pas bien prendre le fait que sa bien aimée soit morte tuée dans le ministère sans qu'on ne parvienne à arrêter le meurtrier à temps, n'est-ce pas? Il allait même très mal le prendre, vraiment très mal... horriblement mal... et elle allait casquer pour tous, puisque c'était elle, en quelque sorte, qui l'avait laissée mourir... A coup sûr, il allait lui reprocher de ne pas avoir tout tenté pour la sauver parce qu'elle la détestait. Et pourtant, elle avait fait tout son possible... Elle pouvait en juger sur la tête de Merlin si on le lui demandait... Elle avait tout fait, tout ce qu'elle pouvait faire... mais elle avait raté... ce n'était pas sa faute... elle aavait fait tout son possible, elle aurait même fait plus si cé'tait possible... mais elle avait raté, lamentablement raté, comme elle ratait toujours, en fait... Elle avait échoué, nullité qu'elle était... Elle avait raté tout. Elle avait perdu non seulement la procuromage, mais elle avait aussi perdu Severus par la même occasion: nul doute qu'il ne voudrait plus jamais avoir affaire à elle par la suite si c'était elle qui était responsable de la mort de sa belle! Pourtant, ce n'était pas elle qui avait porté le coup fatal... Elle en l'avait pas porté. Ce n'était pas de sa faute. Mais ce n'était pas ainsi que réagissait et que raisonnait Severus...

La jeune femme se pencha sur le cadavre, et avisa un peu à côté, épargnée du sang car posée sur un simple guéridon, la chevelure d'une blondeur de blé doré, coupée au ras du crâne par le meurtrier. Encore du polynectar en vue, semblerait-il... car oui, quel autre usage? Que comptait-il donc faire? Passer le restant de sa vie déguisé en Ann Elizabeth Cardwell, vivant en amérique, dans sa demeure, avec sa fille... tout ceci la révulsait totalement. Elle était dégoûtée par les prétendues attitudes que revendiquait Dolohov... tu parles de courage! Pitoyable! Il allait laisser tomber sa famille pour... pour... pour fuir sous une apparence de femme honorable. Ebene ramassa une des mèches blondes, la garda un long moment entre ses doigts. La chevelure était douce, et Ebene venait de la tacher très légèrement du sang qui recouvrait ses mains fines. Elle garderait cette mèche. Pour Severus. Elel la lui donerait avant de s'effacer totalement, comme il le lui demanderait fort probablement... Il lui demanderait de s'éloigner de lui à jamais pour qu'il puisse regretter et pleurer sa Ann en paix sans avoir à l'affronter, elle, du regard. Et elle en saignait d'avance. Si Ann était morte, alors Ebene était pour ainsi dire morte avec... Déchirée entre un frère qui ne voudrait plus jamais d'elle, et entre un fiancé totalement fou... elle allait finir par se pendre, c'était sûr.


La demoiselle se rendit alors à la cellule dans laquelle était Severus, appréhendant sans cesse la suite des événements, ne sachant pas non plus réellement quoi dire dans cette situation... Elle était vraiment, mais alors vraiment très mal partie, n'est-ce pas? Elle était vraiment mal embarquée, et elle ne savait pas comment se sortir de cette situation sans envenimer les choses... mais bon... Elle ferait comme toujours: elle s'en sortirait. Et si elle ne s'en sortait pas, hé bien tant pis, parce qu'elle se pendrait ou elle ferait autre chose dans le même genre. Elle en mourrait, peut-être? Oui, ce serait une belle fin... mais ne pas penser à la fin quand on n'en n'est qu'au début, n'est-ce pas? Ce serait bien trop précipiter les événements... Non, autant atetndre la sentence.

Comme une condamnée se rendant au gibet, sa mèche de cheveux entre ses doigts tremblants, Ebene s'approcha de Severus, qu'elle vit debout. Elle tenta de rendre son visage plus ou moins impossible, mais elle n'avait pas de réelle maîtrise en la matière... pas comme un certain occlumens présentement face à elle. Elle s'approcha encore. Deux pas face à lui. Elle le regarda dans les yeux, s'apprêtait à prendre la parole. Elle en vint même à déglutir avant de parler...


Severus... viens t'asseoir... je dois te parler...

Elle lui avait dit ça sans trop le regarder dans les yeux... n'osant pas trop lui dire en face de quoi il en retournait. Il semblerait que la perspective de perdre son frère dans si peu de temps ne la réjouissait pas du tout, mais elle ne pouvait pas lui cacher la vérité, sans quoi il lui en voudrait plus encore. Si du moins c'était possible. Ebene en pâlit encore d'avance, alors qu'elle traînait gentiment Severus vers son lit et qu'elle l'aidait à s'asseoir, ou plutôt qu'elle le forçait à s'asseoir sur le lit. Elle prit une grande inspiration, ne sachant pas plus que tout à l'heure comment annoncer la nouvelle du décès de la procuromage... Elle avait de toute façon peur de la réaction. Mais elle ne savait pas quoi faire d'autre si ce n'est ne rien dire, et là aussi les conséquences seraient fâcheuses. La jeune femme était vraiment, mais vraiment mal à l'aise. Elle se décida finalement à se jeter à l'eau... les conséquences seraient désastreuses, elle le savait déjà. Mais tant pis... au pire ça finirait mal pour elle...

Severus... Ann... Antonin Dolohov... déguisé en Catermole avec du polynectar... Il a tué Ann... On a pu l'arrêter dans son geste à temps, mais les médicomages ne réussissaient pas à la soigner... j'ai fait ce que j'ai pu... mais ça n'a pas marché...

Les yeux de la jeune femme brillaient de douleur et de peine, puis bientôt de larmes. Elle s'en voulait à mort de n'être arrivée à rien, malgré son expérience... Elle s'en voulait de ne pas être parvenue à sauver Ann des griffes acérées de la mort alors qu'elle en aurait été capable si l'on l'avait appelée plus tôt ou qu'on l'avait laissée faire plus tôt... ou alors, si elle n'avait pas démoli la face à Dolohov avant d'intervenir en médicomagie. Elle n'avait pas réussi à respecter ses engagements... Ann était morte. Et elle y était pour beaucoup, lui semblerait-il... Et pourtant, elle avait fait ce qu'elle avait pu...

Dépitée, s'attendant déjà au pire, la jeune femme se leva et s'apprêta à quitter la pièce, la mort dans l'âme. Elle ne savait pas du tout quoi dire d'autre que le fait qu'elle n'avait rien pu faire de plus pour la sauver, mais elle ne savait que trop bien aussi que ce genre de phrases n'avait aucun effet sur Severus... Et que donc, en deux ou trois mots, c'était fichu...
Hé bien, si ça devait l'être...



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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Ven 30 Jan - 22:52

L'air d'Ebene, à l'instant où elle entra dans la cellule, lui révéla que oui, il s'était passé quelque chose. Quelque chose de non seulement important mais aussi de grave. De trés grave même, si l'on en jugeait la mine défaite de la rouge et or, auror de son état, ainsi que son accoutrement dépité... et légèrement ensanglanté. Un rapide éclair d'inquiétude passa dans les prunelles sombres tandis qu'il scannait sa soeur de coeur, lui permettant alors de constater, avec un certain soulagement, que le sang qu'elle portait n'était pas le sien et qu'elle ne semblait présenter elle-même aucune blessure notable. Aucune blessure gravissime du moins. Un bon point déjà. Ne restait plus qu'à entendre la mauvaise nouvelle. Car, pour qu'Ebene fasse une telle mine pathétique et des plus déplorablement pessimistes, c'était que la nouvelle était pire que mauvaise encore.

Et soudain, son regard se porta sur ce que les doigts pâles et légèrement tremblotants de la jeune femme tenaient : une mèche de cheveux. Une mèche de cheveux blonds plus précisément. Un mauvais pressentiment l'assaillit alors. Une seule hypothèse lui vint à l'esprit pour expliquer le fait qu'Ebene débarque enfin en si mauvais état dans sa cellule... avec une mèche de cheveux blonds. Il était arrivé quelque chose à Ann... Il n'aurait su dire pourquoi cette certitude le martelait ainsi, mais il sentait que quelque chose était arrivé à Ann. Il ne connaissait que peu de blondes pour être honnête, encore plus, il connaissait trés peu de blondes au Ministère. Trés peu de blondes à qui il pourrait attacher un minimum d'importance, et au sujet de laquelle Ebene pourrait paraitre gênée d'annoncer à son frère de coeur une triste nouvelle. C'est pourquoi, abasourdi par ses simples conclusions, il se laissa faire sans trop rechigner quand Ebene le pria de s'asseoir.

Et, comme il s'y était attendu, le couperet tomba. Ann, disait-elle... Tuée.. par Dolohov père. Comme stupéfixé par cette révélation, qu'il avait pourtant déjà devinée à peine un quart de seconde avant que les mots ne le frappent si durement, il se ferma hermétiquement, n'entendant nul autre mot que ceux qu'il se répétait en son for intérieur comme une longue et lente litanie macabre : Ann tuée, Ann morte... Morte. Plus rien n'existait soudain que la douleur qui sourdait par vagues pulsatiles en lui, et qui éclata violemment, détruisant tout sur son passage. Plus rien d'autre n'existait que sa litanie, sa douleur, sa petite mort... Pas même les mots d'Ebene tentant de lui expliquer ce qui s'était passé plus précisément, pas même les yeux larmoyants et presque pleurants d'Ebene. Pas même le regard peiné et étrangement gêné d'Ephemera... Le monde s'était comme volatilisé autour de lui, rendu invisible par la traitresse souffrance qui lui déchirait le coeur comme jamais il n'aurait cru possible. Et bien vite rendu invisible par la rage folle et âpre qui le submergea sans crier garre et sans qu'il ne fasse le moindre effort pour la retenir.

Rage qui éclata trés rapidement, comme de bien entendu, dévastant tout sur son passage. A la fois d'un point de vue intérieur, Severus sentant toute raison, toute autre sentiment, s'effacer sans concession devant la colère foudroyante qui le ravageait, et d'un point de vue extérieur... alors que le maitre des potions se levait brusquement et se mettait à rugir tel un lion partant en guerre. Guerre, oui, guerre.. Guerre contre la mort, contre la fatalité, sinistre fatalité qui semblait sans cesse vouloir le frarper, lui et les siens, de son funeste sceau morbide. Guerre contre l'assassin fourbe et traitre qui avait frapé de la sorte l'être aimé... Guerre contre le Minsitère, incapable qu'il était, encore et toujours, à lutter contre les ennemis qu'ils soient internes ou externes... Guerre contre tout et rien, contre le monde entier, qu'il soit moldu ou sorcier. Guerre contre lui-même aussi, lui-même qui portait cette terrible malédiction, dont il n'était toujours pas parvenu à déterminer l'origine.. malédiction qui contaminait ensuite tous ses proches, tous ceux qui osaient l'approcher et qu'il osait toucher de trop près... Guerre. Seul mot alors qui le maintenait debout. Guerre!

Et tout ce qu'il trouva sous sa main y passa, commencant par la petite table qui valsa violemment contre les grilles magiques, puis le lit, qu'il parvint, il ne sut où il trouva la force d'aillleurs, à soulever et à fracasser contre le mur, un des pieds se rompant dangeuresement sous l'impact. Il sentit même, à un moment donné, son poing s'abattre contre quelque chose, la douleur lancinante de l'impact le vrillant momentanément tout le long du bras. Qu'avait-il frappé au juste? Il n'en savait rien... Le mur? Ephemera? Ebene? Aucune idée... Et c'était présentement le cadet de ses soucis, le monde extérieur n'existant plus vraiment pour lui.

Puis... Plus rien. Un vide. La rage retomba aussi rapidement qu'elle était apparue, tandis que, à bout de force, Severus s'arrêtait enfin dans son oeuvre destructrice, vacillant, haletant, en sueur... et le coeur en miettes. Pire qu'en miettes même. En cendres. Les cendres, que la perte de Lily avait laissé, semblaient soudain finir de se consummer pour ne laisser plus rien dans leurs sillages. Plus rien. Il n'était plus rien. Toutes celles qu'il avait pu aimer étaient parties, le laissant.. seul... avec lui-même. Horreur. Douleur. Vide. Incommensurable vide indescriptible et terriblement désolant.

Un bout de bois, formant comme un pieux, sombre éclat du pied du lit qu'il avait brisé contre le mur, capta brusquement son regard... Il s'en empara alors vivement... et s'apprêtait à se l'enfoncer en plein coeur, histoire d'en finir enfin au plus vite de cette vie de non sens, quand il sentit quelqu'un, ou plutôt quelques uns, le plaquer durement contre le mur, ravivant soudain la douleur physique que sa rage avait fait taire momentanément, et lui plier le bras tenant le pieux dans le dos, jusqu'à presque le lui briser... et lui faire lacher le maudit bout de bois. Bout de bois, traitre qu'il était, incapable de remplir son office... A savoir faire taire la douleur qui sourdait en lui. Il tenta de se dégager... en vain. Et sans préavis, s'effondra... sans autre forme de procès... inconscient.



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MessageSujet: Re: [Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.   Sam 31 Jan - 21:09

Ebene s'attendait à un résultat violent. Dire le contraire serait un pur mensonge... Mais elle ne s'attendait pas vraiment à ce résultat là. Certes, elle savait qu'il en souffrirait, de la mort de la demoiselle Cardwell, elle savait même que ce décès imprévu lui feirat terriblement mal, mais à ce point là... au point qu'il n'en reste que bouche grande ouverte comme une carpe sortie de l'eau, totalement assomé par le choc, non, elle n'avait pas vraiment prévu ça. POurtant, ce n'était pas comme si elle ne connaissait pas les réactions parfois excessives de Severus Rogue, surtout d'un Severus Rogue aux prises avec une quelconque émotion! Mais... elle n'avait pas prévu ça. Malheureusement pour elle. Si elle avait prévu tout ceci, peut-être est-ce qu'elle serait un peu moins dans les ennuis présentement?

Car oui, une terrible aura se dégageait présentement d'un Severus Rogue, et ce fut à ce moment là qu'Ebene sembla prendre conscience qu'il ne maîtrisait plus du tout sa magie. Oh... la merde! Ce fut la seule pensée qui lui vint à l'esprit en ce moment là: si ça, c'était pas une tuile, c'était quoi, une tuile? Parce que là, elle avait affaire à un mec en pleine pas possession de ses moyens, qui allait fort sûrement faire exploser le ministère de par sa crise de colère. Et merde. Comme si ça, c'était une bonne idée encore! Un attentat au ministère, après le meurtre de la procuromage... Non, vraiment, cette idée ne brillait pas d'intelligence. Pour être franc, on peut même dire qu'elle en était loin... mais bon, la franchise ou l'exactitude n'étaient pas vraiment de rigueur ce soir, et on leur préférait de loin l'efficacité en pleine action. A se demander pourquoi, vraiment... Ebene eut un sourire triste, suivi d'un regard effrayé lorsque son frère de coeur décida de faire en sorte que le monde s'effondre littéralement avec lui. En détruisant les meubles, en détruisant presque la cellule, tout son corps luisant de cette aura malsaine et destructrice que tous pouvaient sentir, palper presque, tant elle émanait avec force du corps autrefois (un autrefois bien récent, ma foi!) si affaibli du professeur de potions; en détruisant tout cela, il faisait transparaître la douleur qu'il ressentait d'avoir perdu sa si chère Ann. Ebene, quant à elle, ne se sentait pas vraiment bien placée pour le réconforter: elle n'aimait pas du tout la morte. Certes, pas assez pour apprécier son décès, mais tout de même, elle ne l'aimait pas du tout... les deux femmes étaient en réalité trop différentes pour s'apprécier à leur juste valeur. Tout simplement...

Quoi qu'il en soit, la jeune Ebene se sentait vraiment, mais alors vraiment mal embarquée. A se demander pourquoi... non vraiment, c'était une très bonne question! Elle ne pouvait pas empêcher, pas à elle seule du moins, son frère de détruire tout. Elle ne se sentait pas du tout le coeur, et encore moins le courage, de le stupéfixer, et Ephemera, pourtant plus courageux qu'elle, ne semblait pas en avoir envie lui non plus. Auterment dit, tout était vraiemnt très bien parti, je vous remercie monsieur, tout le monde allait mourir sous la rage destructrice de Severus Rogue... Autrement dit, vraiment, tout baigne! Tout le monde allait mourir, mais ceci ce n'est qu'un énorme détail... Ebene ne trouvait pourtant pas la force de bouger, comme tétanisée, elle qui aurait pourtant dû être alarmée de la situation. Elle ne trouva le courage de se réveiller que lorsque l'un des aurors se précipita, baguette en main, sur Severus, s'apprêtant à l'assommer d'un sortilège. Ebene dégaina à son tour, se tournant vers l'auror.


Mais tu es totalement fou, Wellingham?, fit alors l'aînée du jeune homme en le toisant du regard, l'empêchant de toucher à Severus de trop près. Non mais, c'était que ce pauvre Wellingham avait totalemetn explosé les plombs, vouloir s'en prendre par des sortilèges à Severus Rogue! Il fallait vraiment être tombé sur la tête, tant c'était dangereux: ça ne le calmerait pas, qu'au contraire, ça le ferait enrager encore plus, ce qui ferait se décupler encore plus sa puissance magique qu'il ne savait plus contrôler, et que donc non seulement ça ne calmerait rien, mais en plus ça ferait tout empirer. Sur le coup, elle ne voyait pas d'autre solution que d'attendre qu'il se calme de lui-même... mais ça, cé'tait pas gagné du premier coup. Aleister, quant à lui, ne tentait présentement rien du tout lui non plus. Et le jeune Wellingham consentit à calmer ses ardeurs dûes à la jeunesse plus qu'à autre chose, selon Ebene. L'auror, rassurée, en revint donc au principal sujet de leur préoccupations.

Severus était presque effrayant à voir, ainsi... Il faisait peur. Ou presque. Enfin, ça y ressemblait, pour être franche... Blanc, livide de rage, les dents tremblant, s'entrechoquant à cause des tremblements de sa mâchoire, il massacrait tout ce qui tombait sous sa main de son mieux, envoyant la table s'écraser contre le mur magique de la cellule, vous savez, ce mur particulier qui de l'intérieur donnait l'impression d'être un mur, mais qui de l'extérieur était une porte... enfin bon. Après avoir explosé la table, monsieur en était arrivé à exploser son lit, envoyant le tout contre le mur avec une telle violence qu'un des pieds du fameux lit se brisa sous le choc. Ouch... voilà qui ne voulait dire qu'une chose pour l'auror, elle aurait du boulot lorsqu'il serait temps de réparer les dégâts. Soit le plus vite possible en théorie, et en pratique... en pratique, ça devrait attendre un petit peu, il fallait le craindre, mais elle tâcherait de faire vite. Le plsu vite possible, en fait, mais ça non pluis c'était pas gagné à l'avance vu que monsieur semblait bel et bien décidé à faire une grosse crise de colère. Magnifique. Manquait plus que ça, comme qui dirait... bah oui, falalit pas croire que c'était une joie non plus, hein! Si vous croyiez qu'elle prenait plaisir à voir l'autre empoté qui lui servait de frère et par la même occasion de frère cracmol, détruire toute la baraque sans autre procès, hé bien c'est que vous vous trompez totalement, mais alors vraiment énormément totalement!

Tandis qu'elle réfléchissait comme la reine des idiotes qu'elle pouvait être en certains moments, Ebene ne faisait plus vraiment attention à ce que faisait l'abruti total qui lui servait de frère. Il s'était mis à taper dans tout ce qui bouge, en réalité... Et aussi dans tout ce qui ne bougeait pas par la même occasion: autant faire d'une pierre deux ou trois coups! Enfin, ici c'était plutôt autant faire deux ou trois coups de poings dans les pierres... mais bon, le moment n'était pas encore aux jeux de mots foireux, merci bien. Elle venait de voir la main de Severus dangereusement s'écraser contre le mur de pierres, et inutile de dire lequel avait été le plus solide... puisque Severus semblait avoir ressenti une méchante douleur. Temporaire. Ou était-ce la colère qui rendait le mal temporaire? Elle n'en savait que trop rien, et n'avait pas vraiment envie de forcer Severus à se calmer pour se faire chouchouter. Oh non, ce n'était pas du tout une bonne idée... Il valait mieux attendre un peu, n'est-ce pas?

Et elle, qui ne s'y attendait pas trop trop justement, se retrouva alors soudainement victime d'un horrible coup de poing qui l'atteignit en plein ventre. Ouch! Sauvage! Encore un peu, et elle l'aurait totalement démoli, son fameux frère de coeur! Mais elle ne s'en sentait pas du tout le coeur. Et elle s'en sentit encore moins capable lorsqu'elle vit quelle suite les événements étaient capable de prendre... Severus venait en effet d'aviser la présence des plus malvenues d'un pieu de bois, débris du pied du lit; il venait aussi de s'en emparer et s'apprêtait à faire la plus grosse connerie de sa vie, si vous vouliez avoir l'avis très résumé de la jeune auror.

La réaction d'Aleister, que Severus n'avait heureusement pas attaqué, fut plus vive que celle d'Ebene. Rapidement, fortement, et aidé du petit (ouais, petit, c'est ça, juste deux mètres de haut et un mètre de large au niveau des épaules) Wellingham, Aleister venait de plaquer son ancien protégé contre le mur du fond, avec une certaine violence et surtout sans la moindre douceur. Ebene en était totalement estomaquée, atterrée de voir ce que pouvaient faire non seulement son collègue, mais surtout son tuteur! Martyriser, car oui pour elle il s'agissait de martyrisage, son pauvre Severus! Quelle honte! Aleister était en train de quasiment lui tordre le bras pour lui faire lâcher prise, lui faire lâcher ce fichu morceau de bois... Et Severus venait de s'effondrer, sans connaissance. Rattrapé de justesse par Aleister, qui le déposa alors avec douceur au sol pendant qu'Ebene, qui avait enfin retrouvé le plein contrôle d'elle-même soit dit en passant, prenait soin de tout remettre en place: le lit avait été réparé, la table remise en place après avoir été réparée, tout était nickel, clean, comme si jamais rien ne s'était passé. La jeune femme retint un soupir, et écarta les couvertures pendant que son tuteur déposait précautionneusement son ancien apprenti au creux de son lit. Ebene s'assit alors sur le bord dudit lit, enserrant doucement contre elle un Severus évanoui et effrondré...



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[Suite du Procès de Severus] Un médecin à domicile... enfin, presque.

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